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MORGANIA  LUNE LOUP

Le monde de l' horreur Gothique et du fantastique, du romantisme ténébreux et d' aventures... venez vous perdre dans les brumes du Royaume de MORGANIA !!! David DEKNUDT

CEUX DES CIEUX : LES ENFANTS D' ORAKLE

Publié le 18 Octobre 2013 par LUNE LOUP dans CONTES DE L' ENTRE DEUX MONDES

oeil de Morgania 001

 

 Il arrive parfois que l' art impose sa loi, sa présence , sa pensée ... comme si cette volonté de "naître" de sortir du néant lui était indispensable.

En voici un témoignage.

J' ai créé cette fresque de 2m sur 2,50 m pour agrémenter le coin "Playmobil" de la chambre de ma fille Justine. Plus tard cette petite histoire s' invita dans mon esprit ; par ses niveaux de lecture nous pouvons y deviner les silhouettes de "l' envol prochain" des enfants vers l' âge adulte, la disparition d'êtres chers et peut être l'apaisement tant espéré ...

Ce conte,  illustre cette peinture qui désormais fait partie de notre maison : "témoignage des occupants passés..." diront peut être un jour des archéologues ! 

Mais qui sait, peut être que ce conte se fera "écho" et lui survivra...

Je vais donc maintenant réciter une nouvelle fois la formule magique qui seule sait ouvrir les portes des contrées du rêve et du temps ;

 

Il était une fois...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 "CEUX DES CIEUX"  

 

 

     Les enfants d Orakle
   

 

 

 

 

 

  vue ensemble

 

 

 

 

 

 

  Lovée entre les collines verdoyantes de "La pierre de lune", en lisière de "La grande plaine du vent", la ferme du palefrenier Orakle se réveillait tranquillement sous les premiers rayons du soleil.

 

 ferme-des-quatre-pierres-001.jpg

 

"Dans l'azur pas d’ menace !" Telle était la devise du colosse !

 

 

 

  Le brave Minotaure, car Orakle appartenait à cette fière race aussi forte que têtue, quand à lui avait fort à faire ! Il songeait à ça tout en grattant de sa main gantée le pelage noir qui bordait ses deux gigantesques cornes. Ce matin il n’aurait pas cette fois - ci le loisir de soigner sa gueule de bois et de contempler la nature environnante ni ses splendeurs qu’elle offrait généreusement. Ce matin deux de ses juments célestes allaient mettre bas.
Son haras des « quatre pierres » était sa fierté, c’était le nom qu’avait l’endroit. Le domaine étant blotti entre 4 collines dont les silhouettes rappelaient  les formes oblongues des délicieux pains de sucres vendus au port de « Sable-noir ».

dessin-kudi-001.jpg

 

Il caressa ses juments, flatta leurs crinières, tout en s’affairant à préparer une bonne litière pour les poulains à naître. Il était présent. Il était là au cas où… Mais il laisserait faire la Nature. Cette dernière veillait ainsi sur le légendaire troupeau des  chevaux célestes de "La grande plaine du vent" depuis des millénaires...

 

Et lui Orakle le Minotaure, du haut de ses 2,80 m dissuadait monstres et maraudeurs, gobelins et trolls de venir troubler la paix de cet endroit. Et tant pis pour les imbéciles ou téméraires qui voudraient tâter l'acier noir de son énorme hache de bataille!

 

Sur ces dernières pensées et avec un bref sourire carnassier, le terrible gardien Minotaure bougea sa carcasse musclée et se mit au travail !

 

 

 

                                                                                       ***************  

 

 

 

Les petits tétaient paisiblement leurs mères dans la chaleur rassurante de l'écurie. L'air doux sentait bon le foin et sur la paille qui jonchait le sol dallé, le soleil donnait à la litière la couleur des flammes. Orakle poussa un beuglement bestial ! Le palefrenier était ravi ! Cette double naissance s'était bien passée ! Les juments célestes avaient déjà récupérées des forces et les poulains étaient forts et vifs!

 

 

 

Les petits équidés grandirent ainsi, choyés dorlotés par leurs mères et par Orakle le Minotaure.          Le rude colosse savait pourtant autant caresser et réconforter ses poulains que distribuer des "taloches et autres claquades" quand ces "fichus-baudets" s'amusaient à lui piétiner ses salades !!!

 

 

 

Puis un jour les mères se firent de moins en moins présentent pour leurs petits. Elles s’absentaient de plus en plus longtemps, de plus en plus souvent aussi. Le Minotaure fronçait toujours un peu ses sourcils broussailleux quand il les revoyait réapparaîtrent, la robe constellée de poussière d'or.          Par la barbe du grand Taurus ! Il savait bien sûr ce que ça voulait dire ! Le temps arrivait où ses juments allaient regagner la compagnie des  "Ceux des Cieux", le troupeau des chevaux célestes ! Ce qu'il comprenait tout à fait, car rien ne pouvait retenir éternellement l'essence magique de ces  merveilleux animaux! Mais quelque part dans son cœur de "butor", lorsque ses chevaux s'éloignaient, il ressentait toujours comme un pincement...

 

 poulains-ceux-des-cieux-gd-format-001.jpg

 

Ce jour arriva... et les jeunes poulains en furent fort alarmés ! La petite jument arborait désormais  une magnifique corne unique au sommet de son front ! La croissance du "Rostre" avait été très rapide ! Le jeune mâle quant à lui semblait "normal".

 

 Dans le troupeau des chevaux célestes d'Orakle rien ne permettait de savoir à l' avance les dons que renfermait chaque individu. Orakle le Minotaure haussa ses épaules massives et repensa avec un sourire presque sadique à sa soirée de la veille à la taverne du "chat puant".

 

Ohhh ! il avait fait fort cette fois - ci ! "Glupp", le géant des collines, s'était moqué des poulains et avait eu le malheur de lancer une blague méchante à propos d'un plat appellé "La - zagne" où quelque chose comme ça...

 

tete-orakle-001.jpg

 

Le sang d' Orakle le Minotaure n'avait fait qu' un tour,   là IL AVAIT VU ROUGE !!!...et d'un unique et magistral coup - de boule il avait abattu le géant des collines devant toute l'assemblée. Un petit rictus de plus à l'attention de la bande à "Glupp", avait décidé la douzaine de "Gnolls" attablés avec leurs sales gueules de hyènes à se diriger tous tremblants de peur vers la sortie, la queue entre les pattes et... pour certains, le caleçon souillé d'urine !

 

 taverne-orakle-001.jpg

 

Orakle s'esclaffa et beugla un rire un peu crétin !

 

Oui ! Il avait passé une très bonne soirée ! "Glubb" devait "dormir" encore...

 

On ne plaisantait pas avec ses protégés sous peine de se réveiller avec une migraine atroce, comparable à un crâne foulé  par cent nains défilants au pas cadencé !

 

 

 

 

 

Et la vie suivie son court à la ferme "des quatre pierres", Orakle s'occupant d'autres chevaux, soignant les juments prêtent à mettre bas et "éduquant" d' autres poulains.

 

Les deux jeunes inséparables avaient maintenant 3 ans et "jouaient" souvent avec les hobbits du coin. Ceux-ci aimaient venir pique-niquer dans "La grande plaine du vent", quoique se faire piétiner la nappe à carreaux chargée de victuailles par les fiers canassons n'était jamais du goût des semi-hommes ; qui essayaient parfois de râler auprès d' Orakle à ce propos. Mais à l' hilarité des deux complices équins, il suffisait qu' Orakle le Minotaure fronce un peu ses sourcils où pousse un "HEINNNN !????" vindicatif pour que l' effet soit immédiat et ôte tout courage aux infortunés hobbits !!!

 

 

 

Un jour un  hennissement provenant des cieux fit lever la tête des deux poulains ! La haut dans les nuées le troupeau des chevaux célestes se fondait aux nuages telle une avalanche éthérée et invincible. Leurs galops les menant de nuages en nuages, leurs corps se confondants aux brumes dorées pour réapparaître plus tangibles ensuite ! Deux juments se séparèrent du groupe de tête pour venir quelques instants déposer un doux effleurement sur la tête des poulains, puis en réponse à un splendide étalon aux yeux d'ambre elles regagnèrent le troupeau de leur galop joyeux et aérien.

 

 

 

"Maman !!!" hénnit le jeune mâle.

 

 les-poulains-de-ceux-des-cieux-001.jpg

 

La petite Licorne regarda son aimé et vis dans ses yeux que toute sa fougue s' embrasait d' un seul coup !

 

 Celui - ci  au grand étonnement de sa compagne, se mit à galoper, galoper ! de  plus en plus vite !!! Fonçant droit devant lui, vers une robuste barrière au bois blanchie par le soleil. Il s'élança, sauta  l'obstacle au tout dernier moment puis ... déploya deux grandes ailes blanches et soyeuses ! Prit par son élan il s'envola vers les cieux !

 

 

 

licorne gplanStupéfaite par cette révélation, la petite Licorne vit son aimé prendre de l'altitude et passer devant le soleil, écrasant ainsi de son ombre toute la plaine.

 

 

 

La pouliche entendit alors son hennissement rempli de joie, suivi d'une exclamation de défi "viens, viens ! le soleil est pur, les nuages sont doux, vois comme l'air me porte !!!"

 pegase-g-plan.JPG

 

 

 

 

Claquant ses menus sabots d'or la jeune Licorne se cabra crânement et fonça à son tour vers la barrière menant à la prairie ; la sauta fort aisément, mais hélas ne put déployer aucune aile !

 

 

 

(Rire) "Nigaude !!! Prends donc de la hauteur ! Tu m'atteindra !"vue ensemble

 

Piquée au vif; l'espiègle pouliche - unicorne se mit à gravir aussitôt une colline proche et escarpée s'élevant juste derrière le Haras "des quatre pierres". Le chemin poussiéreux défilait à pleine vitesse devant elle, les petits sabots martelant le sol en rythme, les mimosas et la lavande enivrants ses naseaux de leurs parfums sauvages.

 

  De la Grande plaine du vent, Orakle le Minotaure vit la fougueuse créature poursuivre son ascension. Il pouvait suivre aisément la ligne de feu que formait "le Rostre", la longue corne dorée qui ornait le front de la Licorne, et qui fendait l'air à toute vitesse. Telle une étoile filante un soir d'été, telle une flèche elfique vers une cible gobeline méritée...

 

100_5423.JPG

 

Le colosse cornu posa sa pelle et s'assit sur une souche pour contempler le spectacle, faisant teinter légèrement son anneau enfilé entre ses naseaux.

"Arch' chai pas trop tôt !!!" grogna- t -il en rallumant sa pipe faite de racine de Mandragore tout en scrutant de son regard ombrageux la silhouette blanche. "Allez !!! fonce,  la ch' tiote !!! Ils t'attendent là - haut !!!"

 

Arrivée au sommet, elle déboucha sur un plateau herbu. La pouliche s'arrêta net ; un peu désorientée de ne toujours pas apercevoir son aimé.

 

(Rire) "La haut, la haut, je suis ! Me vois  tu ?"

 

La voix du jeune rebelle provenait, fort lointain, des nuages que le soleil couchant embrasait.

 

"VIENS ! Viens vite !!! Le soleil soupir, les nuages sont roux et l'air m'emporte... loin de toi !!!"

 

Affolée à l' idée de perdre son amoureux si près du but ; la courageuse "Licornette" frappa de nouveau le sol de pierre de ses sabots étincelants et pointa "le Rostre" vers les nuages tête baissée, puis s' élança au galop. Le crépuscule proche recula un instant quand ce trait de feu fonça vers les nuages accompagné d’un hennissement triomphant !

 

L'air se figea alors. Le temps, lui -même, semblait spectateur d’un tel prodige.

 

 

 

Une minute, puis bientôt deux s’écoulèrent. Seuls les nuages gonflaient et tourbillonnaient dans la tiédeur du soir.

 

 

 

Puis d'un seul coup telle une magie ancienne et oubliée, les nuages scintillèrent et une pluie d'or, merveilleuse et fine tomba du nuage où la Licorne et le Pégase avaient disparus.

 

 

 

Là - haut dans les cieux les poussières dorées et pourpres se fondirent aux brumes et nuages dans les reflets du couchant, tandis que deux silhouettes équines aux courbes évanescentes se découpaient progressivement devant le ciel azur déclinant.

vue ensemble

 

Dans un concert de hennissements Dame Licorne et son Prince Pégase s'animèrent alors et se mirent à galoper dans les nuages embrasés.

 

 

 

Libres et réunis l' un pour l' autre dans une même passion ils rejoignirent "Le grand troupeau des cieux des chevaux célestes". D’ailleurs de nos jours ils parcourent toujours "La grande plaine du vent" du royaume de "MORGANIA" sous l' oeil bienveillant de leur protecteur ...

,                                          

                                                    Orakle le Minotaure.

 

 

 

      FIN

 

 

oeil de Morgania 001

 

 

A la mémoire de mes chers disparus en cette si douloureuse année ;

 

                                                 Ludovic G,  Denise D,  Bernard B 

 

                                                                          reposez en paix.

 

 

                                                                  

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