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MORGANIA  LUNE LOUP

Le monde de l' horreur Gothique et du fantastique, du romantisme ténébreux et d' aventures... venez vous perdre dans les brumes du Royaume de MORGANIA !!! David DEKNUDT

Articles avec #contes de l' entre deux mondes catégorie

CEUX DES CIEUX : LES ENFANTS D' ORAKLE

Publié le 18 Octobre 2013 par LUNE LOUP dans CONTES DE L' ENTRE DEUX MONDES

oeil de Morgania 001

 

 Il arrive parfois que l' art impose sa loi, sa présence , sa pensée ... comme si cette volonté de "naître" de sortir du néant lui était indispensable.

En voici un témoignage.

J' ai créé cette fresque de 2m sur 2,50 m pour agrémenter le coin "Playmobil" de la chambre de ma fille Justine. Plus tard cette petite histoire s' invita dans mon esprit ; par ses niveaux de lecture nous pouvons y deviner les silhouettes de "l' envol prochain" des enfants vers l' âge adulte, la disparition d'êtres chers et peut être l'apaisement tant espéré ...

Ce conte,  illustre cette peinture qui désormais fait partie de notre maison : "témoignage des occupants passés..." diront peut être un jour des archéologues ! 

Mais qui sait, peut être que ce conte se fera "écho" et lui survivra...

Je vais donc maintenant réciter une nouvelle fois la formule magique qui seule sait ouvrir les portes des contrées du rêve et du temps ;

 

Il était une fois...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 "CEUX DES CIEUX"  

 

 

     Les enfants d Orakle
   

 

 

 

 

 

  vue ensemble

 

 

 

 

 

 

  Lovée entre les collines verdoyantes de "La pierre de lune", en lisière de "La grande plaine du vent", la ferme du palefrenier Orakle se réveillait tranquillement sous les premiers rayons du soleil.

 

 ferme-des-quatre-pierres-001.jpg

 

"Dans l'azur pas d’ menace !" Telle était la devise du colosse !

 

 

 

  Le brave Minotaure, car Orakle appartenait à cette fière race aussi forte que têtue, quand à lui avait fort à faire ! Il songeait à ça tout en grattant de sa main gantée le pelage noir qui bordait ses deux gigantesques cornes. Ce matin il n’aurait pas cette fois - ci le loisir de soigner sa gueule de bois et de contempler la nature environnante ni ses splendeurs qu’elle offrait généreusement. Ce matin deux de ses juments célestes allaient mettre bas.
Son haras des « quatre pierres » était sa fierté, c’était le nom qu’avait l’endroit. Le domaine étant blotti entre 4 collines dont les silhouettes rappelaient  les formes oblongues des délicieux pains de sucres vendus au port de « Sable-noir ».

dessin-kudi-001.jpg

 

Il caressa ses juments, flatta leurs crinières, tout en s’affairant à préparer une bonne litière pour les poulains à naître. Il était présent. Il était là au cas où… Mais il laisserait faire la Nature. Cette dernière veillait ainsi sur le légendaire troupeau des  chevaux célestes de "La grande plaine du vent" depuis des millénaires...

 

Et lui Orakle le Minotaure, du haut de ses 2,80 m dissuadait monstres et maraudeurs, gobelins et trolls de venir troubler la paix de cet endroit. Et tant pis pour les imbéciles ou téméraires qui voudraient tâter l'acier noir de son énorme hache de bataille!

 

Sur ces dernières pensées et avec un bref sourire carnassier, le terrible gardien Minotaure bougea sa carcasse musclée et se mit au travail !

 

 

 

                                                                                       ***************  

 

 

 

Les petits tétaient paisiblement leurs mères dans la chaleur rassurante de l'écurie. L'air doux sentait bon le foin et sur la paille qui jonchait le sol dallé, le soleil donnait à la litière la couleur des flammes. Orakle poussa un beuglement bestial ! Le palefrenier était ravi ! Cette double naissance s'était bien passée ! Les juments célestes avaient déjà récupérées des forces et les poulains étaient forts et vifs!

 

 

 

Les petits équidés grandirent ainsi, choyés dorlotés par leurs mères et par Orakle le Minotaure.          Le rude colosse savait pourtant autant caresser et réconforter ses poulains que distribuer des "taloches et autres claquades" quand ces "fichus-baudets" s'amusaient à lui piétiner ses salades !!!

 

 

 

Puis un jour les mères se firent de moins en moins présentent pour leurs petits. Elles s’absentaient de plus en plus longtemps, de plus en plus souvent aussi. Le Minotaure fronçait toujours un peu ses sourcils broussailleux quand il les revoyait réapparaîtrent, la robe constellée de poussière d'or.          Par la barbe du grand Taurus ! Il savait bien sûr ce que ça voulait dire ! Le temps arrivait où ses juments allaient regagner la compagnie des  "Ceux des Cieux", le troupeau des chevaux célestes ! Ce qu'il comprenait tout à fait, car rien ne pouvait retenir éternellement l'essence magique de ces  merveilleux animaux! Mais quelque part dans son cœur de "butor", lorsque ses chevaux s'éloignaient, il ressentait toujours comme un pincement...

 

 poulains-ceux-des-cieux-gd-format-001.jpg

 

Ce jour arriva... et les jeunes poulains en furent fort alarmés ! La petite jument arborait désormais  une magnifique corne unique au sommet de son front ! La croissance du "Rostre" avait été très rapide ! Le jeune mâle quant à lui semblait "normal".

 

 Dans le troupeau des chevaux célestes d'Orakle rien ne permettait de savoir à l' avance les dons que renfermait chaque individu. Orakle le Minotaure haussa ses épaules massives et repensa avec un sourire presque sadique à sa soirée de la veille à la taverne du "chat puant".

 

Ohhh ! il avait fait fort cette fois - ci ! "Glupp", le géant des collines, s'était moqué des poulains et avait eu le malheur de lancer une blague méchante à propos d'un plat appellé "La - zagne" où quelque chose comme ça...

 

tete-orakle-001.jpg

 

Le sang d' Orakle le Minotaure n'avait fait qu' un tour,   là IL AVAIT VU ROUGE !!!...et d'un unique et magistral coup - de boule il avait abattu le géant des collines devant toute l'assemblée. Un petit rictus de plus à l'attention de la bande à "Glupp", avait décidé la douzaine de "Gnolls" attablés avec leurs sales gueules de hyènes à se diriger tous tremblants de peur vers la sortie, la queue entre les pattes et... pour certains, le caleçon souillé d'urine !

 

 taverne-orakle-001.jpg

 

Orakle s'esclaffa et beugla un rire un peu crétin !

 

Oui ! Il avait passé une très bonne soirée ! "Glubb" devait "dormir" encore...

 

On ne plaisantait pas avec ses protégés sous peine de se réveiller avec une migraine atroce, comparable à un crâne foulé  par cent nains défilants au pas cadencé !

 

 

 

 

 

Et la vie suivie son court à la ferme "des quatre pierres", Orakle s'occupant d'autres chevaux, soignant les juments prêtent à mettre bas et "éduquant" d' autres poulains.

 

Les deux jeunes inséparables avaient maintenant 3 ans et "jouaient" souvent avec les hobbits du coin. Ceux-ci aimaient venir pique-niquer dans "La grande plaine du vent", quoique se faire piétiner la nappe à carreaux chargée de victuailles par les fiers canassons n'était jamais du goût des semi-hommes ; qui essayaient parfois de râler auprès d' Orakle à ce propos. Mais à l' hilarité des deux complices équins, il suffisait qu' Orakle le Minotaure fronce un peu ses sourcils où pousse un "HEINNNN !????" vindicatif pour que l' effet soit immédiat et ôte tout courage aux infortunés hobbits !!!

 

 

 

Un jour un  hennissement provenant des cieux fit lever la tête des deux poulains ! La haut dans les nuées le troupeau des chevaux célestes se fondait aux nuages telle une avalanche éthérée et invincible. Leurs galops les menant de nuages en nuages, leurs corps se confondants aux brumes dorées pour réapparaître plus tangibles ensuite ! Deux juments se séparèrent du groupe de tête pour venir quelques instants déposer un doux effleurement sur la tête des poulains, puis en réponse à un splendide étalon aux yeux d'ambre elles regagnèrent le troupeau de leur galop joyeux et aérien.

 

 

 

"Maman !!!" hénnit le jeune mâle.

 

 les-poulains-de-ceux-des-cieux-001.jpg

 

La petite Licorne regarda son aimé et vis dans ses yeux que toute sa fougue s' embrasait d' un seul coup !

 

 Celui - ci  au grand étonnement de sa compagne, se mit à galoper, galoper ! de  plus en plus vite !!! Fonçant droit devant lui, vers une robuste barrière au bois blanchie par le soleil. Il s'élança, sauta  l'obstacle au tout dernier moment puis ... déploya deux grandes ailes blanches et soyeuses ! Prit par son élan il s'envola vers les cieux !

 

 

 

licorne gplanStupéfaite par cette révélation, la petite Licorne vit son aimé prendre de l'altitude et passer devant le soleil, écrasant ainsi de son ombre toute la plaine.

 

 

 

La pouliche entendit alors son hennissement rempli de joie, suivi d'une exclamation de défi "viens, viens ! le soleil est pur, les nuages sont doux, vois comme l'air me porte !!!"

 pegase-g-plan.JPG

 

 

 

 

Claquant ses menus sabots d'or la jeune Licorne se cabra crânement et fonça à son tour vers la barrière menant à la prairie ; la sauta fort aisément, mais hélas ne put déployer aucune aile !

 

 

 

(Rire) "Nigaude !!! Prends donc de la hauteur ! Tu m'atteindra !"vue ensemble

 

Piquée au vif; l'espiègle pouliche - unicorne se mit à gravir aussitôt une colline proche et escarpée s'élevant juste derrière le Haras "des quatre pierres". Le chemin poussiéreux défilait à pleine vitesse devant elle, les petits sabots martelant le sol en rythme, les mimosas et la lavande enivrants ses naseaux de leurs parfums sauvages.

 

  De la Grande plaine du vent, Orakle le Minotaure vit la fougueuse créature poursuivre son ascension. Il pouvait suivre aisément la ligne de feu que formait "le Rostre", la longue corne dorée qui ornait le front de la Licorne, et qui fendait l'air à toute vitesse. Telle une étoile filante un soir d'été, telle une flèche elfique vers une cible gobeline méritée...

 

100_5423.JPG

 

Le colosse cornu posa sa pelle et s'assit sur une souche pour contempler le spectacle, faisant teinter légèrement son anneau enfilé entre ses naseaux.

"Arch' chai pas trop tôt !!!" grogna- t -il en rallumant sa pipe faite de racine de Mandragore tout en scrutant de son regard ombrageux la silhouette blanche. "Allez !!! fonce,  la ch' tiote !!! Ils t'attendent là - haut !!!"

 

Arrivée au sommet, elle déboucha sur un plateau herbu. La pouliche s'arrêta net ; un peu désorientée de ne toujours pas apercevoir son aimé.

 

(Rire) "La haut, la haut, je suis ! Me vois  tu ?"

 

La voix du jeune rebelle provenait, fort lointain, des nuages que le soleil couchant embrasait.

 

"VIENS ! Viens vite !!! Le soleil soupir, les nuages sont roux et l'air m'emporte... loin de toi !!!"

 

Affolée à l' idée de perdre son amoureux si près du but ; la courageuse "Licornette" frappa de nouveau le sol de pierre de ses sabots étincelants et pointa "le Rostre" vers les nuages tête baissée, puis s' élança au galop. Le crépuscule proche recula un instant quand ce trait de feu fonça vers les nuages accompagné d’un hennissement triomphant !

 

L'air se figea alors. Le temps, lui -même, semblait spectateur d’un tel prodige.

 

 

 

Une minute, puis bientôt deux s’écoulèrent. Seuls les nuages gonflaient et tourbillonnaient dans la tiédeur du soir.

 

 

 

Puis d'un seul coup telle une magie ancienne et oubliée, les nuages scintillèrent et une pluie d'or, merveilleuse et fine tomba du nuage où la Licorne et le Pégase avaient disparus.

 

 

 

Là - haut dans les cieux les poussières dorées et pourpres se fondirent aux brumes et nuages dans les reflets du couchant, tandis que deux silhouettes équines aux courbes évanescentes se découpaient progressivement devant le ciel azur déclinant.

vue ensemble

 

Dans un concert de hennissements Dame Licorne et son Prince Pégase s'animèrent alors et se mirent à galoper dans les nuages embrasés.

 

 

 

Libres et réunis l' un pour l' autre dans une même passion ils rejoignirent "Le grand troupeau des cieux des chevaux célestes". D’ailleurs de nos jours ils parcourent toujours "La grande plaine du vent" du royaume de "MORGANIA" sous l' oeil bienveillant de leur protecteur ...

,                                          

                                                    Orakle le Minotaure.

 

 

 

      FIN

 

 

oeil de Morgania 001

 

 

A la mémoire de mes chers disparus en cette si douloureuse année ;

 

                                                 Ludovic G,  Denise D,  Bernard B 

 

                                                                          reposez en paix.

 

 

                                                                  

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LE CONCILE DE LA TOUR DU NORD : PARTIE I

Publié le 4 Août 2007 par lune.loup dans CONTES DE L' ENTRE DEUX MONDES


 

LE CONCILE DE LA TOUR DU NORD





concile-du-nord-1.adrs.jpg

 

 

  Que "MAJA", la mère de la magie, soit avec vous !

 

 

        PARTIE 1

 

La "forêt d’ or" défilait immense et silencieuse sous les ailes du corbeau. Immobile et impénétrable, seuls quelques courants d’ air humide venaient caresser les plumes duveteuses de l’ oiseau noir, plumes longues et noires mariées à de discrètes flamèches bleues qui apparaissaient sporadiquement ! -  la magie était très puissante au coeur de ces bois.

 

Les sapins se succédaient de valons en vallées, ne laissant entrevoir que trop rarement crevasses obscures et clairières désolées.

 

Clairières ? Justement l’ une d’ entre elles capta au dernier moment  l’ attention du noir phoenix… Son vol trop long l’ avait emmené bien au delà de ce lieu, il poussa un petit croassement de dépit puis amorça sa descente après avoir négocié un virage parfait entre deux troncs séculaires .

 

L’ oiseau solitaire se posa sur une vieille branche moussue, puis tapa du bec celle – ci à la manière de tous les corvidés énervés !

 

L’ endroit était singulier !!! C’ est le moins que l’ on puisse dire !!! Et il se dégageait de ses occupants un pouvoir très ancien …

 

Le corbeau  du sorcier Honorius finit par se calmer, se pelotonna , plissa ses yeux perçants et écouta…

 

 

     PARTIE  2

 

« Viendra  t – "ELLE "? » demanda le célèbre troubadour et poête du nom de « TreiZe » ; «  Roanne » une fine créature aquatique aux écailles nimbées de lumière lui lança un regard évasif… "Qui sait...,  "les humain désertent les bibliothèques au profit d' une technologie excessive dont ils sont désormais trop dépendants, les jardins où jadis contes et légendes pullulaient sont à l' abandon et le petit peuple lassé a reprit le chemin vers les profondeurs du monde,  pas étonnant que les humains ne rêvent plus, pas étonnant qu' ils dépriment ensuite car leurs âmes sont desséchées et prisonnières de ces machines ; elles les étouffent ! Alors qui sait si, "ELLE", reviendra cette fois-ci encore . . .

 

"Sugi, la fourmiZ," Ambassadrice de la grande Reine de Nymphe, conversait avec un couple de « yell », des créatures pataudes et velues originaires des cavernes de cristal de la montagne de Cervernia.

Une jeune femme portant la robe sacrée des Astrologues, Jessica de Robtuna, s’ entretenait avec des Gnomes « cela fais très longtemps qu’ elle n’ est pas réapparue… je suis inquiète ! … c’ est long !!!)

 

Un vieux sorcier du nom d’ Honorius, récitait des incantations dans des langues inconnues en désignant la majestueuse TOUR DU NORD qui trônait telle l’ impératrice des bois au centre de la vaste clairière… « Fichtre !!! je suis épuisé !!! Je n’ ai plus de Mana pour ce soir mes amis !!!«   Le Mage s’ assit en tremblotant sur une vieille souche constellée de champignons couleur de feu. Un petit « Shingouzz » , natif du "Bois du Regret"  se précipita alors pour lui apporter gentiment un peu de soupe – aux – cailloux : le vieillard au regard bleu azur caressa la petite tête de l’ espiègle créature en la remerciant.

"ça ira toujours un peu mieux avec une bolée de ma souplette au fond du gosier, vieux sorcier !"

 

Orakle le Minotaure, était venus avec quelques chevaux célestes, il beuglait des ordres à un stagiaire hobbit "Rudy Rubicond" qui bien qu' efficace dans les tâches equestres, passait trop de temps à se nourrir d' après Orakle !

 

"B'en'Vander'yl-de- Perenchion," l' elfe noir,  astiquait son armure au coin d' un feu tout en surveillant d' un oeil attentif deux Troglodins bleus qui lorgnaient d' un peu trop près son appétissant rôti de squig. Lorsque cuit a point l' un d' eux voulu chaparder un morceau,  l' elfe leva une main et mima un signe cabalistique : l' effet fut immédiat ! L' infortuné Troglodin se retourna vers lui avec une bouche transformée en masse de tentacules rosâtre ! Ce qui déclencha l' hilarité générale dans ce coin du camp !

 

La magnifique forteresse ne réagissait pas aux incantations. La grande demeure de la "tisseuse de rêves" de  "Maja la mère de la magie semblait endormie… " Seule la clarté des étoiles donnait un semblant de vie à l’ édifice ;   elle ravivait les traînées d’ or qui  marbraient certaines pierres de la maçonnerie … mais révélait également des monolithes couverts de lierre tout proche.

 

Un cercle de pierre levées se dressait telle une couronne à la périphérie de la clairière, aucune créature vivante où morte n' aurait osée porter atteinte à une autre dans cette enceinte sacrée ; telle était la loi UNIQUE & ULTIME du lieu...

 

« Sieglind », la superbe Dragonne blanche venue des monts Cevernia, regardait avec compassion un petit orque des neiges qui suait mille gouttes. Tout en déployant avec lassitude ses ailes et en  étirant brusquement  sa longue queue elle faillit faire tomber à la renverse l’ homme encapuchonné à côté d' elle qui portait le nom d’ « Adûna Faël »...

 

Hé !!! Prenez garde ! Dame reptile !!! Lui cria l’ être mystérieux. « Oh ! pardon Messire, je ne vous avais pas vu !!! Mais pourquoi diable avez – vous la fâcheuse habitude de vous vêtir tous le temps de noir ? »

Le sombre Nazgûl « Adûna Faël » , répondit : « disons que c’ est une habitude que j’ ai gardé après avoir servi si longtemps sous le joug d’ un certain seigneur ténèbreux : SAURON !!! »

 

La Dragonne sembla frêmir lorsqu’ elle entendit ce nom abhorré de tous…

 

"sombres ou plaisants souvenirs ?!!!  Messire Adû ?"

 

La voix profonde et mélodieuse provenait de l’ ombre dense de l’ autre côté du feu de camps.

 

 

 

 

 

                            

         PARTIE  3

 

 

On ne discernait pour ainsi dire que deux yeux luisants -  vert émeraude – noyés dans une forme noire et massive…

 

« Adû » , sursauta légèrement et sembla esquisser un  sourire dans l’ obscurité de son capuchon. « Toujours une fine oreille qui traine quelque part !!! Hein ?! ; n’ est ce pas «  LUNE LOUP » ! Tout en se levant, il prit une grosse bûche de sa main gantée d' acier noir, qu’ il jeta négligemment au feu.

 

Les flammes faiblissantes du feu de camp regagnèrent en vigueur, un oeil exercé pouvait même y voir deux farfadets incandescents qui, enfin !,  purent étirer leurs longs membres dans les flammes montantes. 

 

A contre-coeur les ombres profondes de la nuit reculèrent…

 

La créature tapie jusqu’ alors dans les ténèbres eut un réflexe de recul ancestral lorsque le foyer se réveilla. Bien qu’ elle reconnaissait l’ extraordinaire confort qu’ apportait cet élément, un héritage ancestral lui dictait également de s’ en méfier ! 

 

C’ était un énorme loup gris de la taille d’ un … poney !!!

La lune brilla un peu plus et acheva de dévoiler  la créature.

 De son corps entier émanait un discret halo de brumes qui trahissait les origines surnaturelles du sombre gardien d’ un monde spectral nommé « MORGANIA ».

Ses pattes puissantes étaient aussi larges que la tête d’ un homme adulte, une épaisse fourrure aux reflets argentés luisait faiblement sous la clarté lunaire. De son énorme tête lupine cascadait de longs poils gris sombre dans un désordre total, telle une crinière.

Les deux orbes verts , ses yeux, pétillaient d’ intelligence et de savoir… ses oreilles bougeaient de temps à autre … à l’ affût du moindre son.

 

Le grand loup gris sembla sourire lui aussi lorsqu’ il ouvrit sa large gueule… Il maintint celle – ci ouverte, un peu plus longtemps que d’ habitude, comme pour montrer ses crocs !

 

Sous la lumière vacillante du feu de bois, ils ressemblaient à des sabres d’ ivoire, les quelques gouttes de salive qui y persistait, lançaient leurs reflets pourpre comme pour répondre aux flammes dansantes…  A moins que l' éclat couleur rubis de ce fluide ne soit que l' ultime témoignage du dernier repas de la sombre bête du royaume des brumes...

 

« Il faudrait que je pense à te mettre une muselière, mon "Ami "! » lui lança « Adû » sur le ton de la provocation !!!

 

« Essayes ! , essayes donc !!!, j’ aurai tôt fait de réduire en lambeaux le linceul putride qui te sers de peau, MORT VIVANT !!! » Gronda « LUNE LOUP » , sa silhouette pourtant déjà massive se faisant encore plus impressionnante en écho à sa menace.

 

Cet échange acide eut pour effet de sortir de leur torpeur deux gigantesques revenants en armures de plates noires ornées de pointes : ATTILA FATUM et FATAMESCH BÔRH.

Les deux zombies avancèrent de leurs pas saccadés vers le feu. A travers les fentes de leurs heaumes leurs yeux fixes et froids brûlaient d' un éclat cruel. Rivés sur le Loup-démon; ils avançaient , faisant grincer les articulations rouillées de leurs cercueils d' acier. Ils levèrent bien haut leurs claymores, promettant une fin rapide au loup géant qui avait osé provoquer leur maître. LUNE LOUP les contemplaient une lueur malicieuse dans ces yeux d' émeraude constellés d' or. Les zombies levèrent très haut leurs épées antiques et avant qu 'ils ne purent les abattrent... ils furent entourrés d' un ouragan assourdissant de flammes violettes qui déchiquetèrent leurs armures, leurs corps, leurs âmes... 

Telle était la punition de l' endroit, pour avoir tenté de violer la loi UNIQUE & ULTIME !

 

"Hé !!! Cé pas bientôt fini c’ bordel !!! HIC !!!  Hé, Loulou !!! Hé, Adounapelle !!! HIC !!! Z’ avez pas vus kian as ki DoOOoormmeuhhh !!! Hic, Hic, HICCC !!! "

 

“Zordar”  le barbare tentait tant bien que mal de se dégager des corps à demi nus de la demi-douzaine de jolies amazones qui s’ étaient endormies sur lui…

Le sympathique barbare était ivre mort !!! Il fit quelques pas et s’ effondra sur cinq nains assoupis !!! (concert de jurons !!!!)

 

Lune loup et Adû échangèrent des regards amusés ! "ça marche à tout les coups avec tes zombies "grogna un LUNE LOUP hilare !!!!

"Je reconnais que certains morts vivants ne sont pas très subtils ! répliqua Adû "mais là quand même tu exagères LUNE LOUP ! "

Les deux créatures de l’ ombre croisaient fer et croc plus par amusement que par défis.

Ils aimaient à rappeler à l’ assemblée leurs origines, et distiller ainsi une aura de peur,  mais parfois leur nature trouble et chaotique les amenaient à  « combattre le mal par le mal » !  Leurs rares  "amis", ne prêtaient même plus attention à leurs escarmouches incessantes !!! Pour l’ heure, « Adû » caressait de ses doigts décharnés le pommeau terni de son épée en affichant un sourire sinistre et dépité, tandis que de  « LUNE LOUP »  montait un grognement sourd alors qu’ il était occupé à creuser de ses terribles griffes d’ ébène l’ humus du tapis forestier pour y ensevelir les restes fumants des deux chevaliers noirs…  "ça en fait quand même deux de moins au monde !" pensa t- il avec joie !

 

 

 

                                         

 

 

                                                                 PARTIE  4

 

 

Au bout d’ un moment une main fine d' ébène se posa sur l’ échine du grand loup, ce qui eu pour effet de calmer progressivement sa sauvagerie. C’ était celle d’ une Elfe Noire prénommée « Domigh drah fundis»…  Tout en remettant en place l' hideuse araignée géante qui servait de diadème à sa volumineuse crinière blanche, ses yeux grenat se levèrent vers les cieux piqués d' étoiles scintillantes.

 

« REGARDEZ !!! REGARDEZ TOUS MES AMIS !!! » dit – elle

 

Une étoile filante,  dont la queue ressemblait  à celle d' une sirène stellaire,  se dessinait au dessus des sombres frondaisons de la Forêt d’ Or… Le corps celeste traversa le ciel nocturne et s’ engouffra dans une fenêtre ouverte au sommet de la TOUR DU NORD en déversant sur le campement une pluie d’ étincelles et une  agréable odeur de… muguet sauvage !!!

 

Le fier paladin Sir « Len Janak », encore revêtu de sa lourde armure frappée du célèbre phoenix d'or de la ville de Fière-tour, suivait des yeux la douce lueur qui descendait étage par étage…

«Dame  Liliflore », une gentille sorcière blanche, native des collines des barbes fleuries, fit un clin d’ œil entendu à la majestueuse Dragonne qui époussetait les dernières étincelles tombées sur sa cuirasse aux écailles d' airain.

Les "Pieuvrons - siamois" « Bool » et « Kikojo », surpris,  laissèrent tomber leurs pinceaux …(leurs œuvres profitants de la diversion pour quitter en catimini leurs toiles fixées sur les chevalets des deux artistes !!!)

 

La lueur arrivée au rez de chaussée de la tour brillait d’ un éclat encore plus soutenu. Elle était parfaitement visible autour du chambranle de la porte de chêne garnie de délicates ferrures. L' ombre - portée donnant des expressions de vie aux visages des majestueuses gargouilles de pierre qui ornaient le seuil.

 

Tous étaient captivés par le spectacle – même Zordar le barbare et ses amazones, qui finalement parvenaient à suivre les événements de leurs yeux vitreux !!!

 

La porte s’ ouvrit silencieusement. Sur le seuil de La tour du nord se découpait la silhouette de « Maja » - la mère de toute magie ! vêtue de sa robe tissée de fils d’ argent et nimbée de  poussières d’ étoiles - des - rêves.

 

La princesse elfique s’ adressa à l’ assemblée : « Je suis de retour mes Amis… » dit – elle en s’ excusant presque de sa jolie voix timide. « Je suis de retour… pour toujours !!! »

 

La foule poussa alors des cris d’ allégresses et de joie ! Il y eu beaucoup de larmes de bonheur ! (Mais de douleur aussi ! quand Zordar – ému – piétina par mégarde la cantine des gobelins des marais de Môrvâh…) Il y eu… quelques évanouissements aussi … (n’ insistez pas, voyons ! j’ ai  promis de taire les noms !!!)

 

La forêt d’ or résonna longtemps cette nuit là des hurlements victorieux du terrible grand loup et le ciel se rappella jusqu' à l' aurore des traits de feu du dragon ! La forêt toute entière fut emplie de la joyeuse musique folk des elfes accompagnée des cris de bonheur des amis retrouvés !

 

« Maja », la mère de la magie, était de retour ! Et tous ces ambassadeurs et émissaires réunis  en cette clairière , venus de tant de royaumes lointains, avaient mis de côté pour l' occasion leurs rancunes et différents, toutes ces créatures  ne souhaitaient qu’ une chose : que son reigne dure encore, encore et ENCORE !!!  Afin que cette magie retrouvée inspire les enfants des hommes ; et que d' autres rêves repoussent encore plus loin les frontières de l' imaginaire.

 

La sage Roanne débattit très longtemps avec le sorcier Honorius cette nuit là : "... tu sais ce qui tue les héros des livres ce n' est pas le dernier mot du dernier paragraphe d' une histoire..., je crois que c' est tout simplement la poussière  !

Hein ? la poussière! !! fit Honorius incrédule.

 "Oui, tu vois ..., car cette poussière voudrait dire que ce livre n' est plus lu, donc que ses personnages et héros n' existent pas..., n' existeront plus...

 

Roanne se tut.

Le vieux sorcier se fit pensif, ses rides au front ,plus profondes, signe manifeste d' intenses reflexions ... Il faudrait qu' il s' entretienne sur cette question épineuse  rapidemment avec "Allaster Chasse-lune", le grand Archimage.

 

 

 

                                                   ****************

 

Le jeune homme se réveilla en sueur. Quel rêve étrange !!! Il lui semblait entendre encore les échos de la fête improvisée des peuples des songes…

 

Il se leva, mis ses lunettes, et regarda son radio – réveil : « 03 h 00 »

 

« L ‘ heure des démons !!! » se dit – il en plaisantant.

 

 

Il regarda l’ écran vide son ordinateur éteint. 

Comme un écho venu du passé des bribes de paroles remontèrent du tréfond de sa mémoire  : "Maja, la mère de toute magie..Lune loup...Les humains...leurs âmes sont desséchées et prisonnières de ces machines ; ...elles les étouffent !... poussières..."

 

D' une main encore malhabile, les yeux gonflés de sommeil, le jeune David, alluma sa lampe de chevet, s' assit en tailleur, prit un bloc de papier et un stylo, rassembla ses souvenirs, et commença à écrire...

 

 

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Face à sa fenêtre, perché sur une haute branche, un corbeau au plumage étrange l’ épiait en « souriant » de tout son bec !!!

 

 

 

                                                      FIN ... ?

 

 

                                              

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