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MORGANIA  LUNE LOUP

Le monde de l' horreur Gothique et du fantastique, du romantisme ténébreux et d' aventures... venez vous perdre dans les brumes du Royaume de MORGANIA !!! David DEKNUDT

Articles avec #les contes du mont lycan catégorie

LE GROS CHAT BLANC

Publié le 11 Novembre 2015 par LUNE LOUP dans LES CONTES DU MONT LYCAN

LE GROS CHAT BLANC
LE GROS CHAT BLANC
LE GROS CHAT BLANC

LE GROS CHAT BLANC

"... Loin au Nord, aussi loin que vos jambes puissent vous porter, la richesse et la gloire attendent le voyageur qui par son courage et sa foi sortira vainqueur des éléments et des noirs êtres errants …"

C' était ce que se rappelait à cet instant précis ce minuscule point noir posé sur l' immensité blanche façonnée par la Nature.

Note Noire, au son du vent sifflant éternel, posée sur la la blancheur immaculée d' une feuille de papier à musique...

Une silhouette solitaire, courbée, bravait ce vent glacial chargé de neige qui tentait de lui arracher sa cape de laine marron. A travers ses yeux mi-clos et rougis par les vives morsures du froid, il lui semblait même entendre dans les bourrasques les rires moqueurs des lutins de givres. Ces fieffés gredins étaient les laquais de "Shareella" l' impitoyable Sorcière des neiges qui régnait sur les "Monts -Doigts-de-glace" depuis sa forteresse-glacier de "Cevernia".

Ce vent était si froid... cette route si monotone au fur et à mesure qu' il montait vers le Nord vers "Lupravia" et ses loups, vers "Bafforgia" et ses ogres et... leurs dangers !

L' homme voyageait avec "DONUTS", son ours blanc, à travers ces collines grises dites "de la pierre de lune" ; qu' écrasaient encore plus la silhouette massive et fantastique du mythique "MONT LYCAN" !

Cette montagne sombre et menaçante que la nature avait sculptée à l' effigie d' un loup hurlant se rapprochait lentement, si lentement...

La fatigue se faisait sentir, la route était mauvaise et incertaine, filant à travers bois et marais elle réclamait toute son attention...

Ces collines étaient habitées par des TROLLS ! Leurs repaires étaient cachés sous de vieux ponts enjambant des ruisseaux oubliés des cartographes Sablomortain (c' est à dire: natifs du Port-sable-noir), ou issus de la terre elle-même : cavernes obscures et puantes qui ouvraient leurs gueules béantes à l' ombre des forêts de pins noirs...

D' après les contes, les grottes des Trolls regorgeaient d' immenses trésors ; fruits de leurs rapines dans les contrées environnantes et ...

CRAAAAAAAAAAAAACK !!!

... Il ne vit plus que des bulles autour de lui, il sentit la pression immense d' un froid si pénétrant que celui-ci menaçait d' infiltrer son âme elle - même.

Son corps lui semblait si lourd, si lent ... il s' en fichait pourtant, car la morsure paralysante de l' eau glaciale se faisait de moins en moins sentir...

Quelque chose d' énorme et de lourd remua à ses côtés.

L' énorme masse tourna autour de lui tout d' abord indécise, puis il sentit une autre morsure ! Des mâchoires puissantes, tel un étau, l' emmenaient de force. Dans sa panique "ELKIF VENT-DE-LAINE" se débattait comme un beau diable, mais que faire ?

L' elfe épuisé perdit connaissance lorsqu' il s' imagina attrapé par un Troll.

Un bruit sourd et puissant résumait tous ses sens... d' abord unique et fort celui-ci se divisa progressivement en un autre moins perceptible mais bien présent, plus normal aussi : le battement de son propre cœur.

Il n' était pas non plus dans une caverne obscure et puante, ni dans le giron d' une femelle Troll même si quand l' odorat lui fut rendu il en eu la nausée !

Il recracha abondamment l' eau croupie qui s' était infiltrée dans ses poumons, ses yeux sensibles d' Elfe eurent beaucoup plus de mal à s' en remettre, leurs cils avaient commencés à geler et il lui fallu les frotter vigoureusement pour stimuler l' afflux sanguin et en chasser la vase noire - qui de toute façon recouvrait tous son corps ! Ce corps frêle d' Elfe vagabond qui pour le moment se trouvait tout contre un bidon chaud et poilu !

La masse énorme bougea et tourna son énorme tête blanche vers son compagnon. Cela devait bien faire des heures que "DONUTS" veillait son ami ! La neige lui faisait une congère sur tout le corps et le trou d' eau, tout proche, était maintenant complètement refermé par la glace...

Tout autour d' eux il n' y avais que la grisaille de la brume des marécages mêlée à la neige. De temps en temps le cri craintif et lugubre d' un oiseau aquatique poignardait, tel un couteau, la chair fragile du silence.

Ils avaient donc déviés de leur route !

Ils étaient arrivés en lisière des redoutables "Marais de Morvah", lieux funestes où les morts aimaient danser avec une redoutable cavalière : "Galyce", la Dame des marais !

« Mon Ami ! Merci pour tout ! Mais partons maintenant ! Regardes ces lueurs bleues dans le blizzard ! Ces feux follets ne me disent rien qui vaillent ! »

En effet, surgissant de leur tombeau liquide, des ombres solitaires et décrépitent commençaient leur marche dans leur direction tout en écrasant les roseaux.

Appuyé sur son brave animal, "ELKIF VENT-DE-LAINE" quitta rapidement ce bourbier sinistre pour une terre plus ferme et plus sûre.

"J' ai froid, j' ai froid ... mais qu' elle ironie ça serait de devoir mourir un soir de Noël ? Hein, mon Ami ?

L' ours blanc de sa démarche tranquille et pesante ne répondit rien bien sûr mais il émit un son rauque où l' on pouvait percevoir de l' excitation ...

A moins qu' il ne s' agissait d' espoir.

Une chaude lueur orangée dansait non loin de la masse sombre d' un bois ! ELKIF la vit aussi !

Ils longèrent l' orée du "Bois du Regret" et virent une enseigne de bois qui se balançait dans la tempête : "Ferme des quatre-pierres".

La chaumière était adossée à une vaste grange silencieuse et entre ce bâtiment et les étables - au doux fumet bovins ! - on devinait à travers la neige qui tombait toujours, la haute silhouette d' un imposant puits de pierres taillées surmonté d' une potence de fer forgé.

La lanterne qui émettait cette douce lumière salvatrice était accrochée quant à elle à une marquise d' acier noir qui abritait une modeste porte de bois blanc.

L' Elfe approcha en titubant et se décida à frapper à la porte de la ferme.

Il y eu quelques exclamations affolées puis un homme au bon visage vint ouvrir tout en lui jetant un regard teinté d' inquiétude.

"Hummm ? Vous désirez étrangers ?" .

" Brave homme de la terre.." dis Elkif au fermier, je n' arriverai pas à gagner ni le village de Chanteloup ni la ville de Fièretour ce soir !

Avec ce temps épouvantable, je crains avoir raté également le sentier de l' auberge nommée « A l' abri du Vent - Pire » ! Et puis à cause de toute cette neige j' ai chu dans les marais... Peux - tu nous héberger mon ours et moi pour cette nuit ?

Les yeux affolés, le fermier Boniface secoua la tête et bredouilla dans sa moustache.

« Malheureux ! Mais passes donc ton chemin, c' est trop dangereux ! »

"Tu ne risques rien, promit "ELKIF VENT – DE- LAINE" , mon ours blanc est bien dressé et de bon caractère !

« Oh!!! Pfuiii !

Il ne s' agit pas de ton animal, mais des Trolls ! DES TROLLS ! »

« Tu m' entends !? Murmura le pauvre fermier. Chaque année, à Noël, quand le pain est chaud et la dinde gourmande, ils envahissent ma chaumière !

"ILS" nous chassent et dévorent notre repas de fête ! Ils mettent la maisonnée sans dessus - dessous et osent dormir dans nos lits qu' ils souillent de leur infecte odeur ! »

"Brave père de la terre... commença Elkif en jetant en arrière sa capuche , ... permets-moi d' insister quand même ; je suis trempé, frigorifié, nous sommes épuisés. Si nous restons sans abri, cette nuit de Noël, sera la dernière de notre vie..."

Lorsque le brave homme vit les fines oreilles pointues de l' Elfe il haussa les épaules : "Entres si tu veux, fils des arbres ! Il ne sera pas dis que le père Boniface refuse l' hospitalité à un bon Elfe des bois ! Tu ne mourras pas au moins sous les griffes glacées de "Shareella la cruelle sorcière des neiges !!!"

L' intérieur de la ferme était de nouveau paisible, ses habitants calmés saluèrent l' infortuné voyageur et son imposant compagnon tout de blanc vêtu, surtout les deux filles du fermier qui rougirent de la présence de ce bel Elfe – crotté, mais si séduisant !

De lourds meubles de bois étaient adossés aux murs blancs peints à la chaux, le sol décoré de tomettes cirées renvoyait le flamboiement de la cheminée de la cuisine. D'ailleurs de cette pièce émanait une forte agréable odeur de flambée et de dinde rôtie.

La petite Justine faisait griller des marrons sous l' œil attentif et aimant de sa mère. Morgane, la grande sœur, préparait la table en boudant ; c' était son tour de le faire ! Elle ne fit cependant pas de remarques acerbes à sa sœur cette fois - ci ! La présence du bel Elfe à quelques pas de là y était sans doute pour quelque chose !

Son jeune frère Julien jouait avec son bilboquet de bois, pas très habillement d'ailleurs vu la bosse énorme qui lui ornait le front !

"Assieds- toi étranger ! Et prie pour que ces murs soient assez solide pour résister à toutes les diableries qui rôdent dehors ! Il lui tendit un linge propre ainsi qu' une bassine d' eau chaude parfumée à la lavande. Puis il mit devant lui une soupe et une assiette de courgettes et de charcuterie accompagnée d' une pinte de « Bière Phacochère » . « Les Nains sont très doués pour brasser ces précieux breuvages !!! » confia le père Boniface à l' Elfe avec un clin d' œil bon enfant .

"Allez, régales-toi et sèches - toi ! lui dit - il fort aimablement et excuses-moi encore pour mon accueil de tout à l' heure... " puis il s' en retourna auprès de sa famille.

ELKIF partagea son repas avec le bon gros "DONUTS" ; Ours blanc décidément très sage et bien éduqué !

Le voyageur Elfique tout en mâchonnant une tranche de courgette regardait les quelques tableaux fixés aux murs : un vieil homme était sous titré "Grand- père Pompatarte" ; Un autre représentait un homme fort au regard franc titré « Julo le Clodo, Père » mais aussi celui d' une jeune femme très belle vêtue d' une robe de soie blanche... qui semblait montrer ses dents lorsqu'on la regardait du coin de l' œil...

ÉTRANGE !!! L' Elfe ; mis cette impression sur le compte de la fatigue...

Une fois complètement réchauffé et rassasié, le voyageur ne dérangea pas la famille réunie devant l' âtre de la cheminée. Il préféra installer son imposant animal sous la table de chêne et lui même se blottit discrètement, capuchon baissé, dans un coin sombre pour y passer la nuit.

Le sommeil ne tarda pas à le submerger...

L' Elfe fut soudain réveillé par un vacarme bestial ahurissant.

Il ouvrit les yeux et ce qu' il vit lui fit dresser les cheveux sur la tête !

Une horde grotesque de monstres entrait dans la chaumière en hurlant, beuglant des chansons paillardes et en tapant le sol de leurs pieds sales et griffus.

Leur peau était verdâtre, il y avait des créatures chauves, des colosses poilus, des ventrus, des maigrichons ...

Tous affublés d' un énorme nez !

Tous à la peau couverte de furoncles et de verrues.

Tous vêtus d' habits trop grands ou trop petits mais décorés de babioles, ossements et pièces d' armures rouillées voir d' objets aussi incongrus que des passoires, louches etc...

Épouvanté, le fermier s' enfuit vers les bois avec toute sa famille en s' écriant

« Oh mon Dieu, les voilà !!! C' est la bande de "SKRAAG" le Troll !!! »

Le dénommé "SKRAAG LE TROLL" entra...

Enfin en vérité deux membres de sa cour l' aidèrent à passer la porte d' entrée en poussant son gros derrière tant son bide était énorme ! Sitôt dans la place, le chef Troll retrouva sa "prestance" en se drapant dans un rideau qu' il venait de déchirer pour moucher son horrible « Pif » !!!

Levant une main énorme et bouffie pour réclamer le silence "SKRAAG LE CRADE, SKRAAG LE GRAS", Roi-bandit de ces bois, beugla de sa voix caverneuse : « WOUAIHHHH ! JOYEUX NOEL LES Z' ENFANTS !

ALLEZ MANGEZ C'EST L' CADEAU DE TONTON SKRAAG !!! »

Tous les autres Trolls lui répondirent à l' unissons par "A TA SANTE PERE SKRAAG, QUE TES JAMBES PUISSENT TOUJOURS PORTER TA BEDAINE !!! OUIIIIII !!!!"

Des ténèbres de son capuchon, toujours immobile dans son coin, L' Elfe Elkif Vent-de-laine, frémit lorsqu' il sentit une sueur froide couler le long de son dos "pourvu qu' ils ne me remarquent pas !" se dit – il.

Affamés, les odieux Trolls se jetèrent sur le plat de marrons grillés par Justine, et aussi la tourte au saumon fumé, puis ils burent toute la crème fraîche en la mélangeant avec la bière phacochère ; ils ingurgitèrent la charcuterie, la dinde rôtie et avalèrent à grand bruit le pudding au miel, et le gâteau Arc - en - ciel confectionné avec amour par Morgane.

En un clin d' œil, le repas de réveillon fut englouti.

Certains léchèrent alors goulûment les miettes sur la table de leurs langues baveuses et violette, alors que d' autres Trolls commençaient une bataille de rots sonores et immondes !!!

"Immondes pourceaux !!!" pensa Elkif !

Pendant que leurs parents vandalisaient la maison, fracassaient plats et assiettes vides contre les murs ou déféquaient sur les tapis (!) , deux jeunes Trolls boutonneux aperçurent une cuisse de dinde rôtie sur le sol.

Leurs petits yeux chafouins chargés de convoitise s' animèrent.

Aussitôt, ils se la disputèrent en se jetant par terre et... ils roulèrent ainsi jusqu'à la massive table de chêne.

C' est là qu' ils découvrirent "DONUTS", l' ours blanc, dans sa cachette : animal énorme mais toujours aussi tranquille rêvant de saucisses et de bains de soleil.

Les jeunes Trolls n' avaient jamais vu d' ours, ils le regardère avec curiosité.

"ça alors !" s' exclama le plus jeune. "Pour un gros chat, c' est un TRÈS gros chat !" « OHHHH OUI ALORS !!! » reprirent les autres,

« C' EST UN TREEES GROSSS CHAAAT !!! » Ah Ah Ah !!!!

Soudain avec méchanceté, ils lui tapèrent sur le nez !!!

Arraché à sa douce torpeur et à ses doux rêves, l' ours blanc se dressa d'un bond : FURIEUX !!!

Il les toisa de toute sa formidable stature en poussant des grognements terribles, puis il poursuivit la bande des Trolls dans toute la chaumière.

Affolés, les monstres hideux couraient partout.

Ils escaladèrent la cheminée, grimpèrent sur les armoires, se pendirent aux poutres du plafond en braillant...

Malgré la panique ils finirent par retrouver la porte de sortie. Et s' enfuirent dans la nuit noire en criants !!!

Seul "SKRAAG LE CRADE" était adossé à la porte, tremblant comme une feuille ! Trop gros, il ne pouvait se faufiler seul !

L' ours le surplomba en bombant le torse, grognant encore d' avantage pour se rendre encore plus impressionnant, puis d' un formidable coup de patte lui fit traverser la porte... et la cour toute entière !

L' énorme Troll atterrit cul – par – dessus - tête dans la neige et fracassa une partie de l' étable en fin de course.

Se redressant parmi les décombres, tout étourdi, empêtré et désorienté au milieu des poutres brisées, le Troll - brigand se figea en un instant quand les premiers rayons du soleil surent le trouver.

Sa peau prit progressivement une teinte grisâtre, puis ses mouvements se firent plus lents avant qu' il ne s' immobilise totalement dans une succession de craquements poussiéreux.

L' odieux monstre venait de se faire pétrifier !

Longtemps encore, on entendit résonner dans le "Bois du Regret" et jusqu' aux "Collines de la pierre de lune", l' écho des hurlements des Trolls épouvantés. Puis le silence s' installa de nouveau dans "La ferme des quatre-pierres".

Alors seulement, "DONUTS", avec le plus grand calme, placide et content, bailla puis retourna dormir sous la table.

L' Elfe « ELKIF VENT- DE- LAINE », contempla encore quelques instants cette nouvelle statue incongrue qui ornait les ruines de l' étable.

Grand Dieu ! qu' il était plaisant d' avoir un Ami aussi doux que fort que « DONUTS » l' ours blanc !!!

Il entra ensuite dans la chaumière pour se reposer également, abandonnant l' immense Troll de pierre face à son fatal destin sous ce triomphant soleil matinal.

Le surlendemain, avant de reprendre sa route, « ELKIF VENT- DE- LAINE », "L' Elfe-crotté" (comme on le surnommerait plus tard), raconta à ses hôtes les événements de la nuit de Noël. Ils rirent tous ensembles de ce dénouement aussi inattendu qu' heureux ! Puis, longtemps accompagnés par les saluts et les bons vœux amicaux de la famille Boniface, le voyageur solitaire et son fidèle "DONUTS" s' enfoncèrent à nouveau dans la blanche immensité hivernale pour suivre leur destinée héroïque.

Quand à la colossale statue de "SKRAAG LE PÉTRIFIÉ", l' étable fut reconstruite et agrandie autour d' elle. En effet, Il restait encore sous les matelas des fermiers quelques dizaines de pièces d' or du trésor du fantôme « L' homme à la canne » que le père de Boniface, « Julo le clodo » aidé du « Père Pompatarte », avaient remontés du puits il y a très longtemps.

Mais ceci est une autre histoire ...

Toujours vivant et ruminant sa colère noire dans ce corps de pierre, seuls les yeux injectés de sang du Troll SKRAAG trahissent encore sa présence malsaine. Incapable de nuire à qui que ce soit il suit de son regard haineux les araignées coquines qui lui chatouille les narines et les hirondelles amoureuses roucoulant sur son crâne, avant que celles- ci ne repeuplent à nouveau ces nids de terre qui ornent désormais sa grosse bedaine !

L' année suivante à la veille de Noël, alors qu' il ramassait des fagots en forêt, le fermier Boniface entendit une grosse voix résonner depuis les profondeurs obscures du « Bois du Regret ».

« HOMME !!! , RÉPONDS - MOI !!!

EST - CE QUE TON GROS CHAT BLANC VIT TOUJOURS CHEZ TOI ? »

« Oui, cria le fermier, et depuis l' année dernière, sept chatons grincheux sont nés sous mon toit ! Tu veux entrer les caresser ? »

« NON, NON !!! » fit la voix affolée, « CE SERA POUR UNE AUTRE FOIS !»

Et le profond silence retomba sur les arbres séculaires, refuges de bien d' autres légendes, du mystérieux « Bois du Regret ».

*************************

Voilà pourquoi à partir de ce jour là, les hideux Trolls évitèrent soigneusement "La ferme des quatre-pierres", et les fermiers purent enfin fêter Noël devant leur cheminée, les pieds au chaud et le ventre bien plein !

"Le pain dérobé par le méchant Troll est son premier supplice : il le rêve maintenant qu' il est poussière dans sa bouche..."

Fin

David Deknudt le 12 Avril 2015 03h48

LE GROS CHAT BLANC

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L' HOMME A LA CANNE

Publié le 19 Septembre 2014 par LUNE LOUP dans LES CONTES DU MONT LYCAN

L'HOMME A LA CANNE

 

Par David DEKNUDT

 

A mes filles Morgane & Justine, à mon fils Julien, à mon beau – père Dominique, lui aussi « Homme à la canne » mais tellement plus sympathique et généreux que le personnage de cette histoire…

 

         ************************

 

Ecoutez, écoutez !  Encore et encore ! Ce vent d’Automne, cette plainte longue qui embaume l’air de la campagne  brumeuse de « Morgania ». Dans sa litanie, son souffle a l’odeur des feuilles mortes et il siffle à travers les marais et hurle à travers les rochers acérés de la lande.

Et maintenant…

 ...il va vous conter du fond des âges cette bien étrange histoire …

 

                                                                        ***************************

Il y a bien longtemps un vieux paysan du nom de Père - Pompa tarte cherchait en vain un garçon gentil et loyal pour l'aider à la ferme des "quatre- pierres" et aux travaux des champs.

 

recherche urgent homme a la canne 001

 

A chaque nouveau candidat, dès la nuit venue, une atroce panique s'emparait de la ferme dès qu'un jeune homme honnête y dormait. La nuit entière, aussi sombre que l'encrier de quelques anciens démons, n'était que bruits de pas, craquements, coups et plaintes d'outre-tombe. L" homme à la canne"  venait! Il tapait, tapait, arpentait inlassablement les greniers et les combles de la grande ferme, grimaçant aux hôtes endormis et cassant parfois les fenêtres...

homme à la canne fenetre 001

Les deux chiens blancs hurlaient à la mort, les fermiers plongeaient sous leur lit terrorisés, les vaches beuglaient à fendre l'âme gâtant leur lait, les chevaux hennissaient de peur les yeux fous,  l'écume en gueule ! Il parait même qu'une gargouille cachait ses yeux derrière ses mains de pierre...

 

Devant de telles visions de cauchemar, les braves garçons fuyaient à toutes jambes la ferme maudite, préférant se perdre dans la brume et s'enliser dans la vase des marais tout proches, plutôt que de rester entre ses horribles murs.

 

Le pauvre paysan Père- Pompatarte n'avait pas d'enfant... enfin si ! Une ! Sa fille se prénommait "Galice" mais on la disait folle ! "Galice, la dame des marais de Morvah", "Galice, celle qui danse sur les têtes des enlisés au milieu des feux-follets", "Galice", l'enfant incomprise que tout le monde voulait oublier car aussi belle que terrible elle n'avait réellement sa place qu' au milieu des grenouilles et des nénuphars...

Bien entendu, malheureusement pour le Père - Pompatarte, personne dans les villages n'avait voulu se marier à sa terrible fille. Point de gendre, point de descendants, point final pour l'affaire familiale !!!

 

Le fermier ne parvenait à embaucher que des canailles à l'âme noire qui, très vite s'échappaient après l' avoir volé en argent comme en bêtes !

 

Le soleil s’enfonçait déjà derrière les collines en cette fin d' après - midi d'Automne, quand le jeune "Julo" dis "Le - Clodo" arriva aux murs recouverts de glycine de la ferme des "Quatre-pierres".

 Il alla à la rencontre du paysan qui réparait difficilement le portail en bois fortement abîmé de la ferme. " Brave homme, je suis costaud, sans un sou et je recherche du travail, lui dit - il ; engagez - moi, vous ne le regretterez pas ! "

pere pompatarte 001

Le fermier regarda "Julo Le clodo" dans les yeux. Et y vis dans ces prunelles sombres quelqu’un de rieur, francs et déterminé. Cependant pareilles qualités lui faisait craindre aussi que le jeune homme ne soit pas véritablement si droit et généreux pour rester réellement en ces lieux.

 

"Passe ton chemin et  cherches-toi une autre ferme" répondit- il tristement après avoir craché sur les pavés son jus de chique.

 

"Pourquoi ? Insista le garçon. Je suis courageux ! , j'ai passé  la nuit dernière à la belle étoile dans le "Bois du regret" et Dieu sait si "La Corbeline : l'enfant  - bête" y rôde ! Allez... si vous ne pouvez pas me payer en ce moment, j'attendrai,  pardi ! "

 

Le fermier grimaça tout en se remettant une pipe au bec.

 

"il ne s'agit pas de cela, petit ! " S'exclama le vieux. "Allez, entre chez - moi, je vais t'expliquer..."

 

Le vieux Père Pompatarte ne termina son terrible récit qu'au crépuscule. Un silence gêné accompagna la conclusion de son histoire.

Une bûche craqua dans l'âtre de la cheminée, élançant quelques flammèches claires qui firent danser les ombres des poutres de la cuisine dans cette semi - obscurité rougeâtre.

 

« Il est tard, puis - je rester chez - vous ? » demanda Julo. J'ai un sommeil de plomb et les fantômes ne risquent pas de m'inquiéter !

 

Le Père Pompatarte, surpris, hocha la tête.

 

"D' accord, mais tu verras ! Demain tu auras changé d'avis !

 

La fermière servit un bol de soupe aux potirons et des tartines beurrées au nouveau venu ; puis une fois qu’il fut rassasié lui indiqua une paillasse propre dans la vieille grange. Puis après un long regard désolé lui souhaita  une bonne nuit.

 

Allongé confortablement sur son matelas de paille, Julo regardait la lumière de la Lune filtrant à travers les poutres décolorées par le temps ; elles y dessinaient des rayons pâles dans l'air poussiéreux enrichi aux arômes de foin séché. Seule l'apparition curieuse d'une famille de loirs venue contempler leur nouveau voisin - troubla cette bien heureuse immobilité.

Epuisé par sa longue marche, Julo ne tarda pas à s'endormir, confiant et heureux.

 

La nuit était profonde quand un hululement réveilla le jeune homme en sursaut : "c'est une chouette", se dit - il pour se rassurer.

 

Il resta couché, l'œil ouvert, les oreilles aux aguets.

Les cris reprirent et se transformèrent en hennissements déchirants. Se levant d'un bond, les jambes tremblants de peur, Julo se rendit à la porte de la grange qu' il ouvrit grand.

 

La Lune avait disparue et cédée sa place à des cieux tourmentés ! Le vent se mit à souffler, les vieilles tuiles à vibrer, La pluie se mit à tomber, la girouette à follement tourner. Un éclair bleuté frappa, la haut, sur la colline ; illuminant un bref instant l'orée du "Bois du regret".

Les hennissements reprirent de ce côté-là ! Et une lueur spectrale se mit à descendre le chemin à la vitesse du vent ! Julo écarquilla ses yeux et se mit à grelotter.

Ce n'était pas à cause de la pluie qui lui fouettait le visage ni ce froid lui montant de ses pieds nus ; non ! Devant lui un corbillard fantomatique arrivait à tombeau-ouvert ! Lancé à pleine vitesse ! Horreur ! Arrivé devant le portail en bois de la ferme, ses deux chevaux squelettiques le frappèrent de leurs sabots !

 

corbillard 001

 

Il s'ouvrit avec un fracas de bois cédant et de ferraille rompue qui évoquait le gémissement d'une âme en peine.

 

La sueur au front, le cœur battant à se rompre, Julo se détourna de cette vision irréelle et referma précipitamment la porte de bois massive de la grange. Julo attendit que le silence revienne. Courageux, il se risqua une œillade entre deux planches disjointes. Le corbillard, et ses chevaux non-morts étaient toujours là ! Arrêtés à quelques pas à peine de cette grange, qui bien que solide lui semblait d'une protection bien vaine...

Une sombre silhouette coiffée d'un chapeau haut de forme se tenait debout sur le siège du conducteur. Elle leva un bras étiolé d'un geste autoritaire vers la grange ; ordre impératif destiné à l'occupant du ténébreux fiacre. Une silhouette imprécise, en sortie et se dessina progressivement sous les trombes d'eau tout en trainant une longue chaîne qui lui enserrait sa cheville. Elle s'adressait au cocher en joignant ses mains décharnées et semblait supplier son bourreau. Un infâme ricanement s'éleva du siège où trônait le terrible cocher ; et de nouveau celui - ci lui montra la grange d'une main menaçante.

 

le cocher 001

 

Julo s'adossa de nouveau à la porte, transpirant de peur, il pouvait sentir d'ici le souffle glacé du sinistre équipage. Le silence revint. Mais bientôt, hélas, des coups retentirent à la porte de la grange. Quelqu'un tapait, régulièrement, sans s'arrêter. Une planche céda ! La tête d'une canne en argent décorée d'un loup avait fracassée le bois. L'objet luisant à la beauté élégante et terrible frappa de nouveau, terminant de mettre à mal les planches de chêne. Julo, qui s'était jeté d'effroi sur sa paillasse, se cramponna à son matelas, mais... il se ravisa.

 

"J'ai besoin de travailler et la ferme me plaît,  pensa  - t - il. Et si on me faisait une blague pour me mettre à l'épreuve ?"

 

Sans trop y croire, il alla ouvrir.

 

Devant lui se tenait un vieil homme transparent et triste, coiffé d'un chapeau à plume ; une canne à tête de loup en argent dans sa main droite évanescente.

Dans une brise glacée, il entra en flottant, montra une corde et une lanterne et invita le garçon à le suivre.

 

l homme à la canne 001

 

Julo fasciné par l'apparition obéit : sans qu'il puisse se l'expliquer, sa peur était tombée.

 

Derrière la grange, le fantôme lui indiqua un très vieux puits, et lui fit signe d'y descendre. Julo accrocha la corde solidement au col de cygne  qui ornait le portique en fer forgé, surplombant la gueule sombre.

 

Le-puits-001.jpg

Puis il disparut dans les ténèbres. Arrivé au niveau de l'eau noire, il alluma sa lanterne, les ombres reculèrent à contrecœur ;  face à lui l'entrée d'un tunnel  s'enfonçait encore plus profondément sous la vieille demeure.

Julo, l'appréhension dans l’âme, leva la tête. La haut, se découpant devant le ciel d'orage, le fantôme le regardait silencieux en hochant la tête. La lueur des éclairs qui parvenaient jusqu' à l’aventureux jeune homme, déguisait les gouttes d'eau qui perlaient des murs moussus en autant de diamants... éphémères.

 

 

 

 Descente-dans-le-puits-002.jpg

 

 

Le fantôme s’impatientait,  et lui indiqua de nouveau le tunnel.

 Julo déglutit sa salive et se mit à ramper dans l'étroit boyau. Etait- ce de la glaise ou des limaces visqueuses sous ses doigts ? Y avait  - il encore quelques grosses araignées dans ces horribles toiles qui lui caressait le visage ? Il préférait ne pas trop y penser !

 

Après une dizaine de mètres, il arriva au bout du tunnel dans une petite pièce étroite, et se remis debout. Sur le sol humide, encore assis et vêtu de ses haillons gisait un homme coiffé d'un chapeau à plume, une canne en argent à tête lupine à son côté, sa jambe droite était brisée. Le squelette serrait amoureusement dans ses bras décharnés un coffret. Julo , intrigué,  desserra les doigts osseux pour le dégager tout en grimaçant de dégoût, lorsque craquèrent les fragiles  phalanges.  Au moment d’ouvrir la cassette, une main glacée se posa sur son épaule. Le fantôme était là ! Surpris, Julo sursauta et le contenu du coffret se répandit sur la terre battue. A la lueur  dansante de la lanterne, des centaines de pièces d'or scintillèrent sous ses yeux  et  un très vieux parchemin roula au sol. Il le ramassa.  Sur la peau moisie maculée de tâches de sang, une main désespérée avait confessé sa vie d'escroc, de menteur et d'égoïste.

 

Oubliette 001

 

Lentement Julo se mit à le lire :

 

"Tout avait commencé lorsque durant un voyage "d'affaires" dans le royaume inhospitalier de Lupravia, une tempête de neige l'avait poussé à se réfugier dans une auberge. Là, l'alcool de sapin  aidant, un villageois lui avait confié une carte et conté la légende de la canne d'argent. Celle-ci en plus de comprendre les loups,  assurait la richesse à son détenteur. Obsédé par sa soif de l’or, il était parti à sa recherche dès la tempête apaisée. Bravant les précipices et les cimes des montagnes  voisines du mythique  « Mont Lycan », il  avait trouvé la clairière ou s'élevait la petite chapelle.

la chapelle du Mont lycan 001Le lieu de culte était désert. Sur son autel de pierre reposait le mystérieux objet. Si la Lune, dans son espiègle bonté, lui avait alors révélé toute l'élégance des courbes et sculptures de la canne d'argent,  c’était surtout la puissance hypnotique de la tête de loup qui ornait son pommeau qui l’avait subjugué! Fasciné, il avait délicieusement succombé à l'envie !  Tout heureux en sortant du vieil édifice, il ne s'imaginait pas qu'une surprise de taille l'attendait. Quittant en grondant le couvert végétal de la forêt, d'énormes loups l’entouraient.  Ils approchaient en grondant, dardant vers lui leurs yeux d'ambre et leurs crocs avides de justice ! Le temps semblait figé, comme la glace en plein hiver emprisonnait les navires perdus sur la Mer des douleurs.

 

canne des loups 001

 Une brise légère amena vers lui quelques doux flocons de neige et avec eux une magnifique louve blanche rompit le cercle et vint se poster face à lui. Ses yeux verts, d’une intelligence surnaturelle, épiaient ses moindres faits et gestes. Une voix belle et féminine retentit alors dans la tête du voyou "Ainsi, homme du Sud, tu nous vol ? Au mépris de ta vie, tu aimes tant l'or que ça mortel ? REPONDS  MOI !!! " L'homme incrédule bafouilla "Je l'ai trouvé, ce trésor m'appartient, il est à moi !!! A moi maudites bêtes !"  Crachat -il avec un courage désespéré. "La louve huma la brise qui lui portait l'odeur humaine, puis d'un air écœuré reprit "Je sens le vice en toi ! Puisque rien ne saurais te sevrer de ton poison, ainsi soit - il ! Ignorant !  je dois cependant  te mettre en garde ! Aussi sûr qu'aucune averse n’épanchera jamais la soif du Désert des crânes, tu ne seras jamais rassasié par ton or et dès ton premier écu amassé, ton âme se desséchera comme le vent réduit le roc en sable ! Alors, veux- tu toujours cette canne ?" L'homme dans sa folie,  trop content de s'en tirer à si bon compte s'empressa d'accepter ! Les loups regagnèrent alors l’obscurité sauvage de leurs bois et le laissèrent à son destin.

 

Peu de temps après, l'homme à la canne fit fortune cédant à ses malhonnêtes instincts. Avec l'aide de la canne magique il s'acoquina aux pires crapules et pirates et dégagea toujours plus de bénéfices. Mais le démon de l'alcool est perfide lui aussi ,  si il sait lier la volonté d' un homme, il sait aussi délier sa langue ! Et dans les bouges sordides des ports, l'histoire de la fabuleuse cane des loups fut connue et les anciens "amis" devinrent des prédateurs envieux...  Fuyant son palais l'homme s'était caché dans cette ferme où il avait cru pouvoir tromper la traque de ses collègues impitoyables venus du  tristement célèbre "Port - sable-noir". Finalement découvert, il avait pris la fuite en plein orage avec son pesant magot ; malheureusement handicapé par ce poids il avait perdu l'équilibre et chuté dans ce puits !

Gravement blessé il n'avait pas renoncé à son or pour autant ! Avec pour toute compagnie, la souffrance, les vers et l'attente de la mort dans cette infâme oubliette. Le bon Dieu, horrifié par ses actes passés n'avait pas répondu à ses prières. Désespéré, et en plein délire, il avait supplié le Maître des enfers et ses laquais de le soulager... pourvu que l'or reste à ses côtés ! De cet accord en avait découlé des décennies d'esclavage, de peur et d'horreur au service du cocher de l' « Archidémon-Capon » et puis très vite ...autant de rêves de rédemption" .

Julo, la gorge nouée, s’ adressa à nouveau au spectre silencieux :

"Ce trésor vous appartenait mais vous ne l'avez pas gagné honnêtement, n' est - ce pas ? Voulez - vous que je le distribue pour vous aider à quitter pour toujours le monde des vivants ?

 

Le fantôme hocha la tête et montra le chiffre "3" avec ses doigts squelettiques.

 

Julo, partagea le trésor en trois tas égaux.

 

"Cette part sera pour les pauvres, proposa le garçon. Celle - ci, voyons... est pour le fermier Pompatarte, en réparation des tourments et préjudices subis !

 

mais la troisième... a qui voulez - vous la donner ?

 

En souriant, le fantôme pointa son index transparent vers Julo.

 

A cet instant précis, provenant de la surface, ils entendirent le cri de colère et de frustration du maléfique cocher, puis ce fut le silence.

 

Les chaînes du spectre tombèrent au sol et se consumèrent en une fumée bleue.

 

Le fantôme, assistant enfin à la fin du règne de son tortionnaire en fut ému ; confiant et soulagé il hocha la tête une dernière fois au jeune homme et s'effaça pour toujours dans un ultime soupir.

 

Regagnant la surface, Julo, ne vit plus aucune trace du ténébreux attelage, ni de l’orage. A quelques pas de lui se tenait une énorme louve blanche qui grondait en l'observant d'un air farouche. Le garçon, décidément bien malin, déposa la canne enchantée à ses pieds et recula. La louve se tut. "Vanda - Ludvina de Machelouve" prit  délicatement dans sa gueule l'objet.

la louve blanche Vanda 001

Sans un regard, elle fit volte-face et regagna la forêt tranquillement et prit le long chemin du retour vers son royaume hivernal de LUPRAVIA.

 

Julo et le père - Pompatarde remontèrent le trésor et  respectèrent scrupuleusement les dernières volontés de l'homme à la canne. Puis ils murèrent la pièce secrète au fond du puits afin que personne ne vienne jamais troubler la dernière demeure du repentit.

 

Le jeune homme vécu longtemps auprès du fermier Pompatarte et de sa femme, il se maria et eu beaucoup d'enfants !  Quand - aux fermiers, après une retraite heureuse et paisible, ils quittèrent cette terre fort vieux ! Julo hérita de la ferme, et ses enfants et petits - enfants y vécurent eux aussi très longtemps avec toujours au fond du cœur le respect des hommes, des animaux et de la Terre.

"L'estime et le courage, qui de l' homme honnête est le partage, est pour les siens aussi le plus bel héritage"

Et c’est ainsi sur ces dernières paroles que s’acheva l’histoire de « L’HOMME A LA CANNE »

 

 

FIN

 

 

achevé le 04 Septembre 2014 à 23H39

 

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"L' ENFANT DES LOUPS"

Publié le 25 Juin 2009 par LUNE LOUP dans LES CONTES DU MONT LYCAN


Les contes du « Mont Lycan » 
l’ enfant des loups.

 

 

Il était une fois… une misérable cabane au plus profond de la  forêt de Hurlelune  où vivait une bonne et belle sorcière amie des bêtes et de la nature. Une nuit lors d’ un violent orage elle mit au monde une petite fille du nom de Vanda Ludvina. Lorsque la petite poussa son premier cri, de tous les contreforts du « Mont Lycan » les loups se joignirent à elle telle une ode à la Lune.

Mais hélas la sorcière, à bout de force, poussa son dernier soupir… Dans un murmure, elle supplia  les esprits des bois de protéger son enfant, désormais si seule à peine née.

 



A ce moment là, la lune jusqu’ alors habillée d’ un linceul de brume, se dévoila ; inondant le royaume forestier de « LUPRAVIA » de son éclat d’ argent. Un vent magique, telle une clameur, dévala les pentes boisées du « Mont Lycan » et rallia à lui les fils et les filles de Fenris. Le sol forestier fut martelé par des centaines de pattes velues qui convergèrent vers la vieille bicoque. Le « vent silencieux » souffla plus fort encore et enserra la masure de son étreinte. L’ enfant pleurait à chaudes larmes, dans le noir, si seule, si petite, tel un ange au désespoir…

 



Le vieux plancher se mit à gêmir, de lourdes respirations se firent entendre. La porte vibra, puis une main malhabile actionna la poignée avec hésitation… la porte s’ ouvrit.

 

Vanda cessa de pleurer…

 

Se découpant dans la clarté lunaire, des colosses entrèrent en grognant, suivis de près par les silhouettes fuselées et gracieuses d’ autres créatures.

 

Lorsque les pattes puissantes et griffues s’ arrêtèrent devant la paillasse où gisait la malheureuse sorcière, Vanda se mit à sourire aux Lycans. Les fils et les filles des loups  avaient entendus l’ appel, elle était sauvée !

 


Les enfants de la nuit adoptèrent le nourrisson, l’ élevant et lui prodiguant autant de tendresse et d’ attention qu ‘ à un de leur propre enfant. La petite bue le lait des femelles Lycane – si bien qu’ en langue Lycan on la nommait affectueusement « Mâchelouve ».

 



Elle vécue parmi eux de nombreuses aventures durant toute son enfance, des épisodes tantôt féeriques tantôt épouvantables !!!  Mais ce – ci est une autre histoire !

 

Une nuit alors que  Vanda venait de passer son 16 éme printemps, elle se découvrit le fabuleux pouvoir de la lycanthropie. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que contrairement à ses « frères et sœurs de lait », elle pouvait à volonté maîtriser sa transformation… en louve blanche.

 



Le shaman du clan la mena aux ruines de la cabane que son peuple avait dissimulé aux humains. En fouillant les décombres, la sauvageonne découvrit le grimoire de sa mère. Le shaman la mena ensuite vers un arbre creux  et lui fit signe d’ entrer dans le tronc immense.

Vanda ne vit rien au début, puis lorsque ses yeux verts furent habitués à l’ obscurité des lieux elle aperçut en face d’ elle un socle de calcaire blanc. Elle s’ approcha. Sa mère y reposait.

 



Elle était belle est radieuse, et seule sa pâleur excessive trahissait l’ ombre de la mort sur ce visage dont le temps n’ avait aucune emprise. Vanda en fut bouleversée… Chassant ses larmes, elle tendit ses mains délicates vers la sphère d’ opale aux reflets mordorés qui gisait sur la poitrine de sa mère. A peine avait – elle saisie la Pierre-de-lune que le visage de la défunte sorcière s’ anima, ses yeux d’ émeraude plein de tendresse et de fierté. Dans un dernier sourire son enveloppe charnelle s’ évapora en une pluie d’ or.

 

Vanda se mit à étudier le grimoire et sa magie blanche sous la tutelle des sages shaman Lycan du château de Wulfensteïn. Elle chercha aussi à découvrir qui étaient ses parents et les origines de sa « différence ». Elle apprit de nombreuses choses belles et fascinantes sur sa mère et ses combats contre le mal, mais hélas elle ne découvrit jamais l’ identité de son père : rien ne mentionnait son existence aux côtés de sa mère. Elle espère bien un jour percer ce mystère…

 

Petit à petit, la Pierre-de-lune se laissa utilisée. Elle lui dévoila  des secrets magiques oubliés mais aussi les noirs dangers qui arpentaient le monde de Morgania. Notamment  les machinations des seigneurs vampires de la forteresse noire d’ Hellghedhadh et de leurs hordes de morts-vivants.  Une nuit alors qu’ elle voyageait à travers bois non loin de leur ténébreux  château, elle croisa le chemin de la vampire Scylène ! Bien que respectivement sur leurs gardent, les deux femmes conversèrent à propos de leurs royaumes , de leur monde, de leurs « vies »…

Scylène lui conta alors sa dramatique histoire et la soif maléfique qui la tenaillée depuis la nuit de sa damnation…Les seigneurs vampires ne connaissaient ni la pitié, ni les remords… rien que la solitude et la mort comme courtisanes !

 



Effrayée par ces révélations, Vanda, entreprit de protéger sa terre sauvage de « Lupravia » des redoutables « non-morts » qui étaient capables de pervertir, comme lui avait confessée Scylène , n’ importe quel domaine pour étancher leur soif de sang et de cruauté.

 

Depuis “Vanda-Ludvina de Mâchelouve”, désormais sorcière accomplie malgré son jeune âge, se voue avec ferveur à la cause de « FENRIS » : dieu loup de l’ hiver, de la lune et de la nature… et protége le royaume de « Lupravia » des « morts qui marchent » et des autres dangers qu’ héberge « MORGANIA ».

 

Textes, illustrations et photos par  LUNE LOUP 



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LE MONT LYCAN

Publié le 24 Décembre 2007 par lune.loup dans LES CONTES DU MONT LYCAN


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LE MONT LYCAN

 

 

Au cœur des confins enneigés du secret royaume de LUPRAVIA se dresse la chaîne montagneuse des CROCS DE FENRIS.

 

Toisant la vallée de CHANTELOUP de sa masse imposante LE MONT LYCAN s’ élève au cœur même de la forêt de HURLELUNE… Le long de la route de CANTELOUP est bordé de quelques villages et d’ auberges – relais. Il n’ existe pas de ville dans ce royaume hivernal, ni aucun roi sur son trône de givre !

 

Cette région désolée du monde spectral de MORGANIA, est sans doute un des endroit les plus oppressant, après bien sûr, le noir château d’ HELLGHEDHADH. Et pour cause !

Cette terre glaciale battue par les vents est le domaine du peuple LYCAN !

 

Les LYCANTHROPES y vénèrent le grand dieu loup de l’ hiver : FENRIS. « Certains hommes sont devenus loups, certains loups ont appris à devenir homme ! » , m’ avais dis l’ Ancien des SHINGOUZZZ’  du peuple du BOIS DU REGRET. « Ainsi vont les choses ! Loup garou, Muloup, la liste est longue ! … et le danger tellement grand…

 

Au sommet du MONT LYCAN se dresse tel un doigt obscur vers le ciel tourmenté, le CHATEAU DE MACHELOUVE, ultime sanctuaire de dévotion envers la LUNE et le loup – démon : FENRIS.

 

Une antique légende conte que dans des cryptes creusées sous la montagne reposent douze des treize paladins de l’ ordre du loup : tous plongés dans un sommeil millénaire. Oui douze ! Le treizième erre a travers ce monde obscur condamné à trouver la  rédemption après avoir goutté au sang de la reine de la nuit :  SCYLENE, fée déchue de son état et vampire insaisissable !

 

Et ce chevalier ployant sous le joug d’ une double malédiction est votre serviteur : 

 

... LUNE LOUP





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