…
E nfin, je la vis… L’ ancienne demeure était
ramassée sur elle même tel un hideux et sombre crapaud.
La nuit semblait encore plus profonde à son contact, la drapant d’ une aura de noirceur qu’ elle semblait exhaler. Ses pierres, aux sculptures jadis remarquables, n’ étaient plus que des moellons rendus informes par des siècles d’ intempéries. Le mortier avait depuis longtemps disparu par
endroit, remplacé cependant par une luxuriance de plantes grimpantes qui maintenaient désespérément les pierres moussus de ses hauts murs.
Ses fenêtres – barricadées – dardaient vers moi leur regard mort…
La bâtisse en ruine semblait m’ épier !
Des planches vermoulues, en se berçant dans la fraîche brise du soir, émettaient des grincements lancinants, tels des murmures
plaintifs ; telle une comptine éternelle que le spectre des années n’ avait su écouter…
Mais j’ avais conscience du pire à ce moment là… Je savais , j’ étais convaincu, que
la CHOSE tapie dans cette maison avait eu vent de ma présence bien avant mon arrivée.
Bien avant mon arrivée… avant même que je décide de prendre la route vers son obscur domaine… en fait, avec horreur, je pris
conscience qu’ on m’ avait attiré malgré – moi dans un traquenard !
… la porte d’ entrée s’ ouvrit lentement dans un râle sépulcral, me projetant au visage le souffle poussiéreux de ses entrailles…
ENTRE ! LUNE LOUP !!!
Je pris une profonde inspiration ! Comme pour m’ encourager je sentis contre ma poitrine le souffle
apaisant de ma jeune Mandragore, dont les fines racines remuèrent un peu au contact des battements croissants de mon cœur de loup.
Je fis un pas, deux pas… j’ y étais !
Un combat de plus venait de commencer !!!
Extrait des mémoires de LUNE LOUP , archives du Mont - Lycan date inconnue