« CORBELINE,
LA BALADE DE LA METAMORPHETTE »
Bonjours à tous ! Voici donc la novellisation de mon deuxième court-métrage. Je vais mettre tout en oeuvre pour qu' il soit visible sur la toile... même si il fait quand même
21 minutes !
A l’ orée du « Bois du regret » se terrait dans une chaumière délabrée un ancien seigneur de l’ ombre décharné. Le Baron Ténèbron – vampire de son état – avait été vaincu
et depuis cette nuit fatidique son spectre hantait les bois.
Sa tanière humide abritait, lutins, kobolds et métamorphes. Le spectre trouvait
cette cachette croulante bien inconfortable comparée au somptueux château Ténèbron qu’ ils avaient dû fuir lorsque l’ aventurier « Dragon d’ or » - qu’ il soit maudit ! – lui avait
plongé la lame antique du paladin Ganelon en plein cœur…
Seule la puissante magie de son médaillon « The mystic’s dream » lui
avait permis de tromper le redoutable guerrier avant que celui-ci ne lui assène le coup de grâce : la décapitation !
Bien que très mal en point le sinistre Baron, usant d’ autres pouvoirs
vampiriques, s’ était transformé en brume. Il s’ échappa ainsi de son castel par fissures et lézardes… Ecumant de rage, il avait hurlé sa haine, mais seule une faible plainte avait été audible.
Le vent avait ensuite entrainé ses restes éthéré vers le « Bois du regret » ; lieu étrange et sinistre, refuge des plus incroyables
légendes.
Le spectre du vampire, assis sur son sombre trône, ruminait d’ atroces vengeances et se languissait : sa chair et son sang lui manquaient.
Dans cette crypte, dissimulé par un passage secret, il avait découvert une nuit
un antique grimoire titré « La poule noire ». Cet ouvrage interdit renfermait des textes et des symboles impies mais ce qui intéressa davantage le mort-vivant, c’ est qu’ il enseignait
l’ art noir de la plus maléfiques des sorcelleries.
Parmi les centaines de sortilèges, onguents et potions, Ténèbron trouva l’
incantation qu’ il avait tant cherché : « l’ œil du Risèd ». Celle – ci promettait d’ exaucer un vœu, aussi impossible soit – il. Cependant, elle exigeait un composant aussi rare
qu’ indispensable pour exécuter avec succès celui-ci.
Il fallait qu’ une créature innocente et pure accepte de cueillir une Fleur de
« Sanguignia Solarius » - la fleur de folie et qu’ ensuite elle l’ utilise de son plein gré !
Pas question qu’ un de ses acolytes des ténèbres, ou lui même, ne cueille l’
étrange plante au risque de la voir perdre tous pouvoirs… à jamais !
La douce créature une fois pervertie devait ensuite être sacrifiée et son cœur
remis au sorcier pour que le maléfice s’ acomplice.
Telles étaient les conditions requises pour jeter le sort de « l’ œil du
Risèd ».
Trop faible pour quitter longtemps sa tanière, Ténèbron invoqua un de ses plus
retors serviteur, « Ned le kobold ».
…
« Ned… »
« NED !!! »
« Lèves-toi et viens à
moi ! »
« Me voici Maître Ténèbron ! Me voici votre
GRAAAndeur !!!
« Trouves-moi un enfant sauvage et fais – lui cueillir la Fleur de
folie ».
« Expliques à l’ Elfe comment l’ utilisée, puis contemple le
résultat !»
« Quand rongé par la honte il s’ effondrera ; ramènes-moi son cœur pour
que je retrouves chairs et vigueur…»
« Mais… ??? »
« AU TRAVAIL KOBOLD ! »
« Oui seigneur Ténèbron, je réussirai !!! »
« Je te le souhaites, Ned… »
« euhhhh, glurps !!!! »
Ned, lui même un peu sorcier, comptait beaucoup sur ses sortilèges pour tromper
un être de la lumière. Ayant voyagé dans les bois des heures durant, le vil s’ accorda un peu de repos. Il s’ assit dans un siége taillé dans le bois d’ une souche. Sur l’ écorce un quidam y
avait gravé « Reposes – toi ici voyageur fourbu ». Ragaillardi comme par magie il allait reprendre sa quête, quand il vit une petite créature gracile sortir des fourrés et s’ aventurer
dans la clairière. Quel chance !!! Une Elfe des bois ! Jubilant, il marmonna quelques paroles de sa voix nasillarde qu’ il s’ efforçait de rendre le plus sympathique
possible.
« Tiens, mon p’tit elfe, j’ ai un cadeau pour
toi !!! »
L’ elfe du tac-o-tac lui répondit :
« OHHH !!! t’ es trop moches toi !!! »
D’ abord un peu effrayée la jeune elfe qui se nommait « Corbeline »,
fut ensuite très intéressée quand elle vit le « cadeau ». Ned le kobold, lui tendit la page du parchemin représentant « La fleur de folie » qu’ il avait arraché au grimoire de
« La poule noire ».
« Ma petite Corbeline, peux – tu me montrer où pousse cette
fleur ?
« Que vas – tu faire avec cette fleur, Ned mon
copain ? »
« J’ en ai besoin pour guérir un parent » (il lui sembla que l’ ombre de Ténèbron acquiescé dans le ciel, il frêmit !)
Comme elle était très jeune, elle ne se méfia pas et oublia vite l’ apparence
hideuse du kobold, mieux encore elle accepta de lui rendre ce service – à la grande satisfaction de celui-ci !
Usant d’ un sortilège de « passe-muraille », Corbeline se rendit de l’
autre côté de la vallée ; là où le « Bois du regret » était le plus sombre mais le plus envoûtant aussi…
Ned la surveillait, caché dans les buissons. Corbeline ne devait pas lui
échapper. Il devait veiller à ce que tout se passe comme le plan établi par son maître. Quand à la jeune elfe elle prenait ses apparitions et disparitions comme les fruits de l’ excentricité de
la créature.
Les elfes, véritables enfants sauvages des bois, connaissent d’ instinct les
chemins cachés qui mènent aux dangers et aux merveilles des forêts anciennes.
Corbeline trouva la mystérieuse « Sanguignia Solarius »- La fleur de
folie. Celle – ci ne pouvait pousser que sur la souche séculaire d’ un « Ent »…
Posant son arc dans les fougères, elle s’ avança et la
cueilla.
Envoûté par la beauté de la fleur, la jeune elfe huma son délicat parfum. Alors
une chose étrange se produisit une voix douce et lointaine résonnait dans son esprit à travers ces volutes de senteurs irrésistibles. Cette voix la plaignait ! Comme il était injuste qu’
elle – Corbeline – soit si petite et si faible ! L’ elfe en transe écoutait tout en continuant à respirer l’ odeur sucrée et délicieuse de la fleur de folie. La voix, aussi suave que le
parfum, lui confia finalement qu’ il était dorénavant à sa portée de devenir une créature puissante et crainte. La fragrance enivrante et la voix s’ imposèrent encore davantage dans l’ esprit de
Corbeline. Elle se mit à vouloir, plus que tout, devenir une créature redoutée de tous plutôt que cette existence de petite elfe faible et inoffensive.
La fleur de folie la guida à son tour dans le « Bois du regret » jusqu’
à un lieu oublié de tous où trônait un antique chaudron de fonte recouvert par le lierre. Parfois les sorcières du village maudit de « Dree » venaient y célébrer leurs sabbats… Jetant
son arc au sol, corbeline s’ avança. S’ accoudant au chaudron, elle y jeta une à une les pétales de la fleur maudite tout en marmonnant dans une voix inconnue. Bientôt il n’ y eu plus de pétales,
juste le cœur de la fleur ; son cœur d’ elfe aussi. Elle jeta le cœur à son tour dans le chaudron et lentement y descendit ses bras. Elle resta ainsi un moment, perdue dans une dérive
étrange de l’ âme.
Ned le kobold guettait toujours ses moindres faits et
gestes.
Corbeline ressentit soudain des picotements dans ses doigts, dans ses mains. Elle
se redressa lentement. Physiquement elle était pratiquement inchangée, sauf… ses mains !
Ses bras dodus d’ enfant elfe se terminaient par une épaisse toison brune qui
recouvrait une paire de larges pattes griffues. Elle poussa un cri de surprise ! Puis s’ appropria rapidement ces étranges « serres », elle s’ éloigna sous les
arbres.
Abandonné, gisant parmi les fougères, l’ arc de corbeline
sanglota…
Corbeline – la Métamorphette, errait depuis des jours dans les bois, l’ estomac
tenaillé par la faim et la soif. Ned le kobold comprit très vite le potentiel destructeur de cette étrange créature mi elfe – mi bête. Il réussit, tel le souhait du Baron ténèbron, à s’ en faire
une alliée de poids dans ses rêves de carnages…
Pour Corbeline le parfum de la fleur de folie avait désormais une autre
saveur : celui du sang !
Elle avait froid ! elle avait faim ! et sa maison était loin… si loin
déjà et perdue dans le chaos de ses pensées bestiales.
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Le temps passa et les tueries se succédaient dans le « Bois du
regret ».
« Elle » avait soif , « Elle » avait faim… si
faim !
Les lutin « Shingouzz’ et nombres d’ autres créatures féeriques commençaient
à perdre espoir face à la barbarie du terrible duo. « Non, non Corbeline ! Ne fais pas ça !!! C’ est une GROSSE bêtise !!! » tentaient – ils de la raisonner. Hélas sans
succès…
Quelques temps après avoir massacré une licorne, Corbeline – la Métamorphette,
arriva seule devant un calvaire très ancien. Troublée par cette croix de pierre d’ où semblait émaner tant de lumière, la Métamorphette tomba à genoux. Elle pleura à chaudes larmes lorsqu’ elle
réalisa les horreurs qu’ elle avait commise.
« Mais qu’ est – ce que j’ ai fais ? J’ ai tuée tant de gens… » se
lamentait – elle.
Elle pria les esprits des bois, elle pria cette croix qu’ elle ne connaissait pas de lui pardonner ses crimes…
Epuisée mais apaisée, elle s’ effondra sur l’ herbe douce de la clairière et s’
endormit pour toujours.
Arriva alors une autre jeune elfe des bois, un peu plus sage que Corbeline,
Morwenn était son nom. Elle avait été prévenue par les Shingouzz’ des horreurs perpétrés dans ces bois. Quittant précipitamment sa demeure forestière
nichée près d’ un ruisseau, elle arrivait enfin près du calvaire sacré.
Pied – à – terre, tenant sa jument blanche par la bride elle s’ avança vers une
créature hirsute et inconsciente gisant dans l’ herbe. Emue, elle vit le corps contrefait de Corbeline, ses deux crocs, ses deux serres redoutables maculées de sang séché qui avait labourées la
terre… comme tant de corps innocents.
En l’ observant de plus près, l’ évidence lui sauta aux yeux, c’ était
Corbeline ! L’ enfant sauvage disparue depuis si longtemps sans laissée de traces. Corbeline avec qui elle aimait jouer. Corbeline, sa sœur ! Elle recouvrit alors le petit corps de l’
elfe avec un linge de santé, puis elle se blottit contre elle.
Les esprits des bois, bien que réputés exigeants et retors peuvent parfois se
montrer compatissants… Ils acceptèrent son pardon et prirent en compte le fait qu’ elle avait été trompée dans sa gentillesse. MAIS ils voulurent
quand même la punir pour ses pensées et pour cette terrible bêtise qui avait coûtait la vie à tant d’ innocents.
Le souffle de la vie fut rendu à Corbeline, mais elle fut terrifiée lorsqu’ elle
se réveilla au pied d’ un chêne aux racines noueuses…
Elle vivrait dorénavant sous la forme d’ un « Knudde », un grand chien
sombre comme la nuit, et son devoir serait d’ escorter et de protéger les voyageurs contre les êtres maudits qui hantent les routes des royaumes de MORGANIA.
Mais un danger immédiat à l’ ombre des fourrés guettait Corbeline et Morwenn .
Ned le kobold, ayant dû s’ absenté, était de retour ! Lorsqu’ il vit que sa proie (et son cœur d’ elfe !) lui avait échappé, il entra dans une colère noire !!!
Toutes griffes dehors il chargea Morwenn !!! Celle – ci effrayée par tant d’
agressivité paniqua et eu beaucoup de mal à encocher une flèche, puis bander son arc. Y parvenant elle tira enfin ! La flèche fila comme l’ éclair une nuit d’ orage… et transperça le cœur
noir du hideux kobold avec un bruit écoeurant. Celui – ci aussi enragé qu’ incrédule hurla comme un démon, puis après un dernier spasme il s’ immobilisa.
Ainsi prit fin la balade de Corbeline.
Corbeline, désormais libre sous sa forme canine, s’ en retourna dans le
« Bois du Regret » vers une nouvelle vie pleines d’ aventures en compagnie de Morwenn, des elfes et des peuples
sylvains.
Mais ceci est une autre histoire…